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Musée du Quai Branly, là où dialoguent les cultures

24 avril

Tampon de tatouage

Tampon de tatouage

Description

Les deux faces du tampon sont ornées d'un décor en relief. Sur une face, la crucifixion du Christ. Le Christ, en croix, porte une barbe et une auréole ; un pagne est drapé autour de ses reins. Au sommet de la croix est fixée une bannière ; à la base, le crane d'Adam et deux os entrecroisés. Un trait ovale encadre la figure du Christ, dominé par une église à dôme sur montée d'une croix. A la base, deux encensoirs balancés et des feuillages (?) .
Sur l'autre face: le baptème du Christ. Le Christ se tient à gauche, les mains jointes, légèrement sous Saint Jean. Il porte un pagne noué du côté gauche. Saint Jean est vêtu d'un pagne en loques et tient dans sa main gauche un drapeau consistant en une longue croix avec un étendard bipenné. Il baptise le Christ de la main droite. Les deux figures sont barbues et auréolées par hachures. A la gauche du Christ, une branche représentant le Jourdain ; au dessus de sa tête, une colombe. Le motif central est entouré d'une ligne ovale bordée de deux branches ondulées de fleurs et de feuilles. A la base, deux encensoirs balancés, un triangle et trois crosses (?). Au sommet, un église dont le dôme est surmonté d'une croix.
Hauteur : 12,5 cm ; largeur maximum : 7 cm.

Usage

Ce tampon, qui date du 17ème ou du 18ème siècle, a appartenu pendant plusieurs générations à une famille de Jérusalem, celle des Razzouk. Préalablement encré, le tampon est appuyé sur la peau. Le dessin obtenu est suivi et tatoué sur la peau au moyen d'une aiguille, aujourd'hui électrique. Ces tatouages sont pratiqués sur des pélerins, coptes, syriens, arméniens, abyssins, etc. comme une marque concrète de leur séjour à Jérusalem qui leur vaudra considération à leur retour et parfois, par souci prophylactique.
Les trois religions monothéistes ont unanimement prohibés la pratique du tatouage considérée comme offensante. Ce qui est issu de Dieu ne peut être souillé. Cette prescription rejoint celle du Lévitique : " Vous ne ferez pas d'incision dans le corps pour un mort et vous ne ferez pas de tatouages " . Au VIIIème siècle, l'Eglise condamne tout tatouage considéré comme un relant des pratiques superstitieuses du paganisme. L'Islam s'inscrira dans cette continuité. Malgré ces interdits, le tatouage a survécu dans le monde arabe. Les populations bédouines et nomades se font tatouer sur les différentes parties de leur corps. Les chrétiens orthodoxes, les Arméniens et les Coptes d'Egypte ont volontiers une petite croix tatouée au poignet, témoin discret de leur religion.

Culture
Communauté chrétienne
Région
Asie > Jérusalem
Dates
17e – 18e siècle
Matériaux et techniques
bois d'olivier
Dimensions d'encombrement
(HxLxPxPoids)
12,5 X 7 cm
Unité patrimoniale
Afrique du Nord et Proche-Orient
N°inventaire
71.1970.23.2
Donateurs
Don Baronne Alix de Rothschild

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