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20 mai
accueil > collections > explorer les collections > Asie > Inde > Rouleau peint, Yama
Long panneau vertical composé de quatre feuillets cousus, peint de scènes marron et noir. Le panneau est monté aux deux extrémités sur un montant en bois ; la partie supérieure est terminée par une bande de toile rouge.
Les rouleaux peints "pat" du Bihar et du Bengale offrent un aspect original et encore vivant de la peinture populaire indienne. Les peintres-conteurs qui les exécutent vont presque quotidiennement dans les villages montrer ces rouleaux. Ils en donnent une "récitation" au fur et à mesure qu'ils dévoilent les scènes en déroulant la peinture.
Les chitrakar ("ceux qui font les images") occupent dans la société hindoue un statut inférieur et vivent presque exclusivement de dons. Aussi la volonté d'amuser et de divertir se mêle-t-elle souvent au souci d'impressionner et même de faire peser des menaces. Une de leurs activités essentielles auprès des Santal (population non hindoue) demeure la parodie de cérémonie funéraire par le truchement d'une image supposée du défunt. Ce qui explique l'origine de leur nom de peintres-magiciens ("jadupatua") et la méfiance tenace des Santal à leur égard.
Les rouleaux exposent des thèmes proprement santal (la création du monde, "binti pat"), ou hindous ("Kali pat", "Jom pat"). D'autres rouleaux renvoient, suivant la lecture du chitrakar, soit à la mythologie santal, soit à la mythologie hindoue, tels les "Jagannath pat" interprétés comme représentation de la fête santale de Baha ou de la Trinité vishnuïte de Jagannath.
Comme toutes les peintures de Yama ("Jom pat"), celle-ci, exécutée par Lankeshwar Chitrakar, débute par un portrait du roi Yama, dieu de la mort à la peau noire, assis sur son trône (dessiné comme une simple chaise). Les scènes suivantes décrivent son royaume où les acolytes de Yama (parfois figurés avec un visage animal à long museau et des cornes) s'ingénient à torturer les humains. Un grand nombre de punitions mettent en scène le riz, principal mode de rémunération du peintre-conteur. Ici, la torture du pilon punit le voleur de riz en lui martelant la bouche.
Les rites funéraires jouent un rôle privilégié, voire primordial dans la relation de l’homme au sacré (...)
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