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19 mai
accueil > collections > explorer les collections > Asie > Inde > Rouleau peint, la déesse Kali
Long panneau fait de quatre feuillets cousus les uns aux autres, le feuillet supérieur cousu à une bande de toile écrue. Le panneau est monté aux deux extrémités sur deux montants en bois.
Les rouleaux peints "pat" du Bihar et du Bengale offrent un aspect original et encore vivant de la peinture populaire indienne. Les peintres-conteurs qui les exécutent vont presque quotidiennement dans les villages montrer ces rouleaux. Ils en donnent une "récitation" au fur et à mesure qu'ils dévoilent les scènes en déroulant la peinture.
Les chitrakar ("ceux qui font les images") occupent dans la société hindoue un statut inférieur et vivent presque exclusivement de dons. Aussi la volonté d'amuser et de divertir se mêle-t-elle souvent au souci d'impressionner et même de faire peser des menaces. Une de leurs activités essentielles auprès des Santal (population non hindoue) demeure la parodie de cérémonie funéraire par le truchement d'une image supposée du défunt. Ce qui explique l'origine de leur nom de peintres-magiciens ("jadupatua") et la méfiance tenace des Santal à leur égard.
Les rouleaux exposent des thèmes proprement santal (la création du monde, binti pat), ou hindous ("Kali pat", "Jom pat"). D'autres rouleaux renvoient, suivant la lecture du chitrakar, soit à la mythologie santal, soit à la mythologie hindoue, tels les "Jagannath pat" interprétés comme représentation de la fête santale de Baha ou de la Trinité vishnuïte de Jagannath.
"Les peintures de Kali ("Kali pat") sont généralement courtes. Elles représentent la déesse Kali, dont le culte, propre au Bengale, y est très populaire. Kali est peinte sous son aspect terrifiant, au moment où elle piétine Shiva, qui s'est couché pour l'arrêter dans sa furie dévastatrice. Puis viennent les "dakini-yogini" : femmes terrifiantes qui accompagnent Kali... Si les chitrakars ne pouvaient pas associer Kali à une divinité santale. Ils ont pu aisément rapprocher les "dakini-yogini" de certaines démones du monde santal."
(D'après : Jean-Baptiste Faivre et Utpal Chakraborty, "Rouleaux peints des chitrakars ou jadupatuas des Santal Parganas, Etat du Bihar (Inde)", "Objets et Mondes",1980, tome 20, fasc. 3, pp 111-122).
Les rites funéraires jouent un rôle privilégié, voire primordial dans la relation de l’homme au sacré (...)
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