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Musée du Quai Branly, là où dialoguent les cultures

24 avril

Masque

Masque

Description

Tête à fond rouge avec des rides dorées et argent sur le front blanchâtre.
Arcades sourcilières creuses remplies d'une bourre de crins blancs.
Trou entre les arcades et les yeux.
Deux trous elliptiques bordés de cils en cuir collés par une bandelette violette où viennent se loger deux yeux mobiles en plâtre peint.
Nez fortement recourbé avec trois raies d'argent de chaque côté.
Moustaches et barbe triangulaires en tricot de crin fin et noir encadrent une bouche aux lèvres vertes. La lèvre supérieure est bordée intérieurement de trois plaquettes de miroir collées bout à bout et figurant les dents.
Oreilles en forme de feuilles en cornet, dressées, en cuir peintes à l'intérieur de jaune, vert et argent.
Deux cornes fines et sinueuses avec des pustules en or, argent sur un fond multicolore. Elles sont mobiles et rattachées entre elles à l'intérieur du masque.
Couronne rapportée en bois peint de couleur dorée avec six fleurs de lys.
Chevelure figurée par une longue frange de crin ondulée roux-orange rattachée sur la nuque.

Usage

Masque de danse de China Supay de la Diablada.
Ce personnage représentait à l'origine la luxure et la provocation sexuelle.
Au début du 20e siècle, China Supay était l'une des figures principales de la danse de la Diablada incarnée alors uniquement par des hommes.

L'origine de la danse de La Diablada remonte au XVIIe siècle quand les mineurs des villes de Potosí et d'Oruro reconnurent la Vierge de la Candelaria (Vierge du Socavón) comme la Mère Protectrice des travailleurs, la Pachamama ou Terre Mère, et la Sainte Patronne des mineurs. En parallèle, la croyance en Supay, un personnage mythique préhispanique, divinité de l'inframonde, perdura et évolua progressivement pour devenir le Tío de la Mina, le bienfaiteur des mineurs, qui fut associé au Diable par les Espagnols.
La danse de La Diablada est exécutée lors du Carnaval de Oruro (février), dans le cadre de rituels célébrés en l'honneur de la Vierge du Socavón, qui sont également en lien avec les rites amérindiens de floraison et de renaissance du monde naturel et minier. La danse est précédée à Oruro de divers rituels rendus à la Vierge, mais aussi au Tío de la Mina et aux huacas locales (esprits) pour demander une reproduction fructueuse du minerai (étain).
La Diablada fusionne des éléments de la religion catholique et des croyances autochtones au travers d'une danse théâtrale qui met en scène les personnages de Lucifer ou Ñaupa Diablo, escorté d'une légion de démons et de l'Archange Saint-Michel qui est le chef de la milice angélique. Si ces personnages figurent dans la religion catholique la lutte du bien contre le mal qui se termine par la victoire des anges, dans cette danse le diable sous toutes ses formes (Lucifer, Ñaupa Diablo, China Supay, diable de troupe) incarne au contraire une force positive en relation avec Supay.

Région
Amérique > Amérique du Sud > Bolivie > La Paz (département) > Murillo (province) > La Paz (ville)
Dates
Milieu du 20e siècle
Matériaux et techniques
plâtre, polychromie
Dimensions d'encombrement
(HxLxPxPoids)
22 x 24 x 27,8 cm, 417 g
Unité patrimoniale
Amériques
N°inventaire
71.1953.10.21 D

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