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23 août

les lauréats 2012

Hugo Aveta, Argentine

Che Onejoon, Corée du Sud

Lek Kiatsirikajorn, Thaïlande

Hugo Aveta, Argentine

Portrait du photographe Hugo Aveta - Cliquer pour agrandir, ouverture dans une nouvelle fenêtre
Hugo Aveta © droits réservés

Né en 1965, originaire d’Argentine. Il a été exposé pour la première fois en France dans le cadre de Photoquai 2009, avec la série « Espaces Soustrayables » (2008). De ses études d’architecture et de cinéma, il a gardé un goût marqué pour la mise en scène très cinématographique de bâtiments abandonnés, et combine le langage de la photographie documentaire avec la conception de scenarii architecturaux, où l’éclairage joue un très grand rôle.

Son clair-obscur mystérieux situe ses œuvres entre l’esthétique du cinéma d’horreur et la peinture baroque. Dans ses précédentes séries, Hugo Aveta joue entre la réalité et la fiction puisqu’il photographie non les bâtiments eux-mêmes, mais des maquettes de bâtiments existants, entièrement reconstitués d’après réalité.

hugoaveta.wix.com

soma, le temps habite

Pour les Résidences de Photoquai, Hugo Aveta souhaite étendre à d’autres pays d’Amérique latine le travail réalisé jusqu’à présent en Argentine. Il s’agit d’aller à la redécouverte d’un passé commun à toute l’Amérique latine (au chili, en Uruguay, en Bolivie, au Paraguay…), en allant sur les traces indélébiles laissées dans des lieux chargés de vie et de mort, tous symboles d’événements sombres de l’histoire de l’Amérique latine. Par ce projet, avec la mise en maquette, puis la photographie, l’artiste souhaite transformer la mémoire collective en histoire.

Che Onejoon, Corée du Sud

Portrait de l'artiste Che Onejoon - Cliquer pour agrandir, ouverture dans une nouvelle fenêtre
Che Onejoon © Droits réservés

Né à Séoul en 1979, CHE Onejoon – de son vrai nom CHAY Wonjohn, vit et travaille à Séoul. Il a commencé sa carrière dans la police coréenne (il y photographiait les scènes de crime et les preuves judiciaires).

En tant que photographe, il s’attache aux lieux symboliques de la société coréenne, dont les enjeux ont une forte connotation sociale et politique. Son travail constitue une documentation des espaces urbains cachés ou désertés. Dans le même temps, ses images donnent une idée des changements matriciels ayant affecté l’histoire socio-politique de la Corée, de l’époque moderne à l’époque contemporaine.

Il a reçu le prix photo de la « Ilwoo (Korean air line) Foundation » en 2010, pour des œuvres publiées dans son livre Geopolitics of the visible. Il a été nominé pour le « 11th Hermes Korea Art Prize », par la Foundation Hermès  (Séoul, 2011). Il fut également sélectionné pour le programme des résidences du Pavillon Neuflize OBC du Palais de Tokyo (Paris, 2011). Depuis 2001, le travail photographique et vidéo de Che Onejoon a été présenté dans des biennales, dans des musées et lors de festivals internationaux.

A MONUMENTAL TOUR

Le projet de Che Onejoon propose un dialogue des cultures inédit : sud-coréen, il propose d’enquêter sur les contrats immobiliers et architecturaux qui, depuis les années 70, lient la Corée du Nord à plusieurs pays d’Afrique. C’est ainsi à la même entreprise, basée à Pyongyang, que l’on doit la tour de la Victoire en Ethiopie, le monument de la Renaissance Africaine du Sénégal, ou le palais présidentiel en Ouganda, mais également les statues de Kim Il Sung ou Kim Jong Il.

Au cours de son projet, Che Onejoon propose de faire un reportage sur ces statues et monuments produits dans les règles de l’art monumental réaliste socialiste. La série finale sera composée des photographies de ces monuments prises par l’artiste, en vues frontales, mais aussi des portraits des témoins, artisans, ouvriers, qui y ont contribué, en Corée ou en Afrique. À travers ce projet, et ces manifestations architecturales africaines, Che Onejoon souhaite réaliser un portrait en creux de la Corée du Nord.

Lek Kiatsirikajorn, Thaïlande

Portrait de l'artiste Lek Kiatsirikajorn - Cliquer pour agrandir, ouverture dans une nouvelle fenêtre
Lek Kiatsirikajorn © Droits réservés

Né en 1977, Lek Kiatsirikajorn étudie la peinture aux Beaux-Arts de l’université Silpakorn, à Bangkok, avant de s’intéresser à la photographie, principalement pour ses possibilités de diffusion. Jeune artiste prometteur de la scène thaïlandaise, il décide en 2001 de partir en Angleterre poursuivre des études de photographie à l’Arts Institute de Bournemouth. A peine diplômé, il se voit décerner le prix « Quand la mode rencontre l’art » par le magazine britannique ArtReview. Après sept ans à travailler pour la mode et la publicité au Royaume-Uni, Lek retourne en Thaïlande en 2008. Ce retour au pays lui inspire la série «  As time goes by », présentée dans le cadre de Photoquai 2011, et pour la première fois en France.

En Angleterre, Lek Kiatsirikajorn s’est passionné pour les grands photographes documentaires américains tels que Walker Evans, Stephen Shore, John Sternfeld et Alec Soth. La façon dont ils parviennent à projeter une image forte de la société américaine à travers leur vision personnelle suscite en lui le besoin d’interroger ses origines. Lek, l’expatrié, a alors le sentiment de mieux comprendre son pays natal, d’en discerner des aspects jusque-là négligés.

www.lekkiatsirikajorn.com

LOST IN PARADISE

Lek Kiatsirikajorn a amorcé ce projet en 2011, et a déjà réalisé 6 images pour une série qu’il fixe à 35 photographies. En voulant faire le portrait de thaïlandais immigrés de l’intérieur, venus des campagnes aux abords de la capitale, Bangkok, il découvre des travailleurs qui recréent un univers agricole dans ce no man’s land constitué par les zones périurbaines. Il compare leur situation à celle de la Thaïlande : « Ils ont quitté leur passé en espérant une vie meilleure, mais se retrouvent coincés entre leur passé disparu et un avenir inatteignable ».