L'Océanie

Océanie 6 notices

Notice 1 sur 6

  • Peinture cérémonielle
  • Papouasie-Nouvelle-Guinée,  Sépik, rivière Yuat, village de Kinakatem
  • Début du 20e siècle
  • infrabase de palme de sagoutier, rotin, pigments
  • don Monique et Etienne de Ganay, Régine et Charles Van den Broek, expédition La Korrigane, 1934-1936
  • 70.2002.36.1

Lors de cérémonies d'échanges, cette peinture était dressée dans le village entre deux cocotiers servant d'étai. Le motif central représente un esprit très puissant, le crocodile à tête de poisson-scie. Les personnages superposés évoquent deux héros mythiques.
Cette peinture fut photographiée et acquise sur place, en 1932, par les ethnologues Margaret Mead et Reo Fortune. Transportée en Nouvelle-Bretagne, elle fut  vendue à l'expédition française de la Korrigane entre 1934 et 1936, puis exposée en partie au musée de l'Homme.

Notice 2 sur 6

  • Frise de fronton de maison des esprits
  • réalisée par Sigalongo (? – 1951)
  • Papouasie Nouvelle-Guinée, région Maprik, village de Kurimbu
  • Début du 20e siècle
  • bois, pigments naturels
  • 72.1985.1.2

La façade de la maison des esprits abelam, korambo, est constituée de stipes de palmier-sagoutiers aplatis et assemblés sans raccords apparents. Cette immense surface -de 4 à 8 mètres de large et 8 à 12 mètres de haut- reçoit des peintures disposées en registres. La frise sculptée marque la base du triangle de la façade. Tout en bas de la maison, une minuscule entrée permettait aux hommes initiés de rentrer en rampant à l'intérieur du korambo où était conservées les objets rituels les plus précieux des clans. Les maisons korambo sont consacrées aux grands rites d'initiation.
Les têtes humaines sculptées sur cette frise figurent des ancêtres claniques. L'une d'elles porte une casquette, insigne de chef au temps de la colonisation.

Notice 3 sur 6

  • Sculpture iniet
  • Papouasie-Nouvelle-Guinée, Île Nouvelle-Bretagne, péninsule de la Gazelle
  • Population Tolai
  • 19e siècle
  • Bois, fibres végétales, plumes, écaille, pigments
  • 72.1987.4.1

Cette figure, rare par sa taille, appartient à la société secrète iniet des Tolaï de Nouvelle-Bretagne. Pour éviter toute reproduction, la réalisation des sculptures se déroulait dans une enceinte cachée. Elle est liée à la mythologie du serpent : l'échancrure en dents de scie de l'encadrement - motif ngit-ngit - suggère une puissance d'attaque -ngit signifiant "piquer". Lors derituels, cette  scultpure pouvait être dressée sur la place de danse marawot.

Notice 4 sur 6

  • Masque-coiffe
  • Vanuatu, sud-ouest de l'île Malekula, village de Buliesse
  • Population Small Nambas
  • Début du 20e siècle
  • fougère arborescente, toile d'araignée, pâte végétale, pigments
  • don Monique et Etienne de Ganay, Régine et Charles van den Broek, expédition La Korrigane, 1934-1936 
  • 71.1961.103.17

Par son système de grades, le Vanuatu offre un exemple singulier de hiérarchie sociale et politique de la société traditionnelle. Les grades permettent à tout homme d'accroître son pouvoir dans le monde des vivants et son influence future dans celui des morts. Les grades s'acquièrent par un système d'achat qui met en jeu des objets de prestige où le cochon tient une grande place comme monnaie d'échange.
A Malekula, le système de grades se répartit en une société publique, Nimangki, et des sociétés secrètes, où les hommes progressent parallèlement.
Cette coiffe serait une représentation de l'ogresse Nevimbubao surmontée de son fils Sasndaliep ou de son époux Ambat Malondr. Dans les mythes de l'île Malekula, Nevimbubao inventa le cycle de grades Nimangki : elle faisait payer aux hommes en porcs, le droit de manger au même foyer qu'elle-même et son époux. Ce type de coiffe était porté sur la tête d'un danseur lors des rituels de prise de grades.

Notice 5 sur 6

  • Casque de chef mahiole
  • Iles Hawaii
  • Milieu du 19e siècle
  • vannerie, plumes rouges et jaunes de passereaux forestiers
  • ancienne collection Le Goaran de Tromelin
  • 71.1909.19.1 Oc

La tête, dans la croyance polynésienne, et surtout celle d'un chef, est la partie du corps la plus sacrée. Elle faisait l'objet d'ornementations protectrices diverses. Ce type de casque, tout comme les manteaux et les capes emplumés, était réservé à l'usage des chefs. Il était porté lors d'occasions importantes, comme les expéditions guerrières ou les cérémonies. Les plumes qui couvrent ce casque permettaient la circulation du pouvoir divin présent dans  la nature. Elles établissaient également un lien intime entre les chefs et les dieux dont le corps pouvait être, selon la mythologie hawaiienne, couvert de plumes.   Les plumes rouges viennent des i'iwi (passereaux), capturés au filet. Les jaunes étaient prélevées sur les ailes et la queue des 'o'o (passereaux), relâchés afin que leurs plumes repoussent. La collecte de ces matériaux et le temps passé à la fabrication du casque font de cette pièce un objet de grand prestige.
La protection offerte par ce casque, lors des combats, était d'ordre spirituel.

Notice 6 sur 6

  • Peinture « Rêve deTjunginpa à Tjunginpa, nord-ouest de Kintore »
  • Mick Namarari Tjapaltjari
  • Australie, Territoire du nord, désert central, Papunya
  • 1996
  • acrylique sur toile
  • 72.1998.1.3

Les êtres et les événements mythiques du Temps du Rêve nourrissent les thèmes de la peinture aborigène. Transposée d'une peinture, corporelle ou réalisée à même le sol, chaque œuvre présente sur toile, un ou plusieurs Rêves à l'aide de symboles variés : méandres, champs de petits points, cercles évoquant des trous d'eau, empreintes de pas d'animaux ou traces de campement. Ceux-ci se prêtent à plusieurs interprétations selon les niveaux de connaissances rituelles.
Les toiles, peintes à plat et orientées selon les points cardinaux, traduisent les itinéraires des ancêtres. La texture brillante des peintures manifeste leur présence.
Il émane de cette toile de Mick Namarari Tjapaltjari un grand dépouillement où la lumière et la chaleur du coloris manisfestent une dimension cachée. La profusion du semis pulvérise l'espace en une dimension abstraite capable de suggérer un mystère originel. Dans cette vibration se concentrent et se réorganisent de manière vivante les chemins, les sites et les rêves. Les grands peintres traditionnels atteignent ce niveau où ils peuvent condenser dans un minimum de signes un grand nombre d'histoires et de lieux, manifestant le rite sans le révéler.