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19 abril

objets étranges de l'ailleurs et de l'autre

masque Kwele à six yeux
fin du 19e siècle, Gabon

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© musée du quai Branly, photo P. Gries

Hei-tiki
avant 1826, Nouvelle-Zélande

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© musée du quai Branly, photo P. Gries

une histoire photographique du regard

trois soortes secondaires
Chili, 1918-1924

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© musée du quai Branly

autour de l'exposition

Le catalogue de l'exposition "D'Un regard l'Autre"
352 pages, prix de vente public : 49 €, Coédition musée du quai Branly – RMN

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"D'Un regard l'Autre, photographies du XIXe siècle"
192 pages, 120 illustrations, essentiellement inédites, prix de vente public : 39 €, Coédition musée du quai Branly – Actes Sud

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De Una Mirada el Otro

* 18 de septiembre de 2006 – 21 de enero de 2007

A la vez temática y cronológica, la exposición presenta las diferentes miradas que Europa ha tenido sobre las culturas de África, América y Oceanía, desde el Renacimiento hasta nuestros días. Verdadero manifiesto del nuevo museo, esta exposición inédita muestra a través de una reunión excepcional de objetos el carácter inagotable y la profundidad de las colecciones etnográficas. Las piezas han sido repartidas conforme a grandes temas que las sitúan en el contexto del gusto y de las mentalidades de cada época (la figura del salvaje, el amanecer del mundo...). Ídolos, adornos exóticos, amuletos y esculturas primitivas trazan sucesivamente la evolución natural de esos momentos de la mirada, y dibujan una historia de la cultura occidental en su relación con el Otro.

 

Catálogo y álbum fotográfico:

D’Un Regard l’Autre, bajo la dirección de Yves Le Fur, 352 páginas, coedición musée du quai Branly/Réunion des musées nationaux, 49 €

D’Un Regard l’Autre, l’album photographique, 192 páginas, coedición musée du quai Branly/Actes Sud, 39 €

 


le parcours de l’exposition

L’exposition s’articule autour de grandes thématiques qui se déclinent à partir d’un certain nombre de repères chronologiques. On y retrouve des constantes : la présence récurrente d’un certain type d’objets (les armes notamment), de certaines images (le sauvage, l’Eden) et la permanence d’une réflexion toujours renouvelée sur l’homme et l’univers.

1. théâtre du monde

Ce premier tableau de l’histoire des regards débute à la Renaissance dès la fin du XVe siècle avec les premières conquêtes des « terra incognita », notamment les côtes de l’Afrique et l’Amérique précolombienne, et se termine vers 1760 au moment où se précise l’étude de la cartographie et du corps anatomique. La connaissance du dehors et du dedans se font alors écho dans une même volonté encyclopédique.
Les cabinets de curiosité ou « chambres des merveilles » font aussi leur apparition avec pour objectif de rassembler en un microcosme le macrocosme de l’univers, l’ensemble des savoirs, les technologies nouvelles.
Ainsi, toutes sortes d’objets hétéroclites (ce qui a trait aux parures et aux vêtements, les matières rares et précieuses, les coquillages, les insectes, les plantes aux vertus prétendument médicinales, les fossiles, crânes et squelettes, les vestiges de l’Antiquité …) sont-ils réunis en fonction de leur forme et de leur pouvoir analogique.

2. histoires naturelles du monde

Entre 1760 et 1800 environ, l’exploration du Pacifique favorise la rencontre de mondes en apparence antagonistes. De grandes expéditions souvent constitué de savants, botanistes, cartographes, peintres ou aquarellistes et dirigées par de grands navigateurs : Cook, Bougainville, La Pérouse, parmi les plus illustres, sillonnent les Mers du Sud. Le regard de ces voyageurs sur les moeurs et les coutumes des « naturels » influencera le goût des Européens. Les pièces en or, en ivoire ou en plumes, par exemple, seront particulièrement prisés et recherchés.
La notion de « bon sauvage » concernant les hommes, et celle de « curiosités exotiques » propre aux œuvres réalisées dans ces contrées lointaines se développe à l’aulne des Lumières. En Occident, naît le sentiment de l’étrange, du singulier, de l’insolite, inséparable d’une sorte de fascination mêlée de crainte pour ces objets qui, en étant détournés de leur destination d’origine, gagnent en mystère.

3. spécimens ou le grand herbier du monde

La première moitié du XIXe siècle est marquée par un intérêt grandissant pour les sciences naturelles. La flore, la faune, de même que les « productions matérielles » des populations autochtones d’Amérique ou d’Océanie, sont classifiées, répertoriées, cataloguées suivant leur provenance et leur usage, et commencent à prendre place dans les premiers musées européens. Cette collecte élargie due à un approfondissement des connaissances n’exclut pas une vision déformée ou transposée, souvent pittoresque et idéalisée des pays et des hommes rencontrés. L’artiste voyageur répond par l’imaginaire aux visées méthodologiques des savants. Les témoignages de cette époque oscillent ainsi souvent entre réalisme documentaire et cliché exotique ouvert sur le merveilleux.

4. science des peuples, l’invention de l’humanité

Bien que l’esclavage ait été aboli en France en 1848, le regard porté sur l’Autre, à partir des années 1850, ne s’est pas ennobli. Loin s’en faut. L’anthropométrie ou les théories évolutionnistes, établissant une hiérarchie entre races inférieures appelées à disparaître et races supérieures, vont dans le sens du colonialisme et d’un impérialisme qui se cache derrière l’idée de civilisation.
Les musées d’ethnographie, parallèlement, voient le jour et s’enrichissent grâce à des missions à l’étranger de plus en plus fréquentes. A cet égard, les trophées d’armes largement représentées, et les premières prises de vue photographiques illustrent bien la notion de capture, florissante en cette fin de XIXe siècle. Au contraire, l’exposition de fétiches ou de « grossières idoles » dénoncent la barbarie des « indigènes », qualifiés régulièrement de sauvages.
Il faut attendre le début du XXe siècle pour que d’autres regards se posent sur les objets dits primitifs et les hommes qui les ont créées.

5. mutation esthétique

La reconnaissance se fait avant tout au début du XXe siècle par les poètes, collectionneurs et artistes cubistes, expressionnistes, fauvistes, surréalistes.
Cette prise de conscience d’un panthéon de l’art universel, qui englobe toutes les cultures, passe par la redéfinition des termes jusqu’alors employés. Les mots « sauvage », « nègre » ou « primitif » perdent leur connotation péjorative et sont associés à la notion d’« œuvre d’art » qui n’avait pas vraiment droit de cité. « Cannibale », « magie », « fétichisme » sont réutilisés également en réaction contre des codes bourgeois et à un académisme du goût.
Tandis que l’exposition coloniale de 1931 laisse à penser, pourtant, que les préjugés raciaux sont toujours tenaces, une réflexion de plus en plus pointue s’est amorcée sur l’identité de l’objet, sa fonction, son mode de création, même s’il est encore question de styles, de groupes ethniques et d’anonymat de l’artiste. Les critères esthétiques n’en sont pas moins éclectiques, inégaux et dépendent beaucoup des modes qui sont lancées et suivies...
En 1947, André Malraux construit son « Musée imaginaire », « immense éventail des formes inventées » dans lequel les arts primitifs rejoignent les arts sacrés des grandes civilisations. Depuis, quelques manifestations importantes dont l’entrée des « arts premiers » au Louvre confirment la valorisation de sociétés trop souvent méconnues et cette noblesse du regard qui a fini par s’imposer au fil du temps.
Une place importante est réservée à la photographie dans l’exposition.
Issus des principales collections ethnographiques françaises, souvent inédits, les portraits et paysages qui y sont montrés, témoignent d’une certaine conception de l’exotisme propre au XIXe siècle. Au siècle suivant, la photographie, elle aussi, change de statut, passant du stade de simple document au rang d’œuvre d’art.

l’exposition internationale

Il s’agit d’une exposition, qui rassemble des œuvres exceptionnelles (fonds du musée du quai Branly, prêts de grands musées étrangers, art contemporain, créations ...) pendant 3 à 4 mois.
Sa durée de visite est d’environ une heure et demie. Il en est prévu trois pour la saison 2006-2007.

prochaines expositions

Arts de la Nouvelle-Irlande
Le Jardin d’Amour, une installation de Yinka Shonibaré

D’Un regard l’Autre

commissaire d’exposition : Yves LE FUR
direction de projet : Hélène CERUTTI
architectes : Stéphane MAUPIN, Nicolas HUGON