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20 octubre

Les grandes figures féminines dans les comédies musicales égyptiennes /
Carte blanche à la Cinémathèque de la Danse

du vendredi 11 au dimanche 13 février 2011

L'Orient des femmes au cinéma

L’exposition L’Orient des femmes vu par Christian Lacroix est l’occasion d’un clin d’œil au cinéma du monde arabe. 

Un premier weekend en partenariat avec la Cinémathèque de la Danse est consacré aux grandes figures féminines dans les comédies musicales égyptiennes des années 40 et 50.

Le second weekend est, quant à lui, dédié aux réalisatrices contemporaines qui proposent de nouveaux regards sur les sociétés arabes et la place des femmes.

  • 16 séances
  • du vendredi 11 au dimanche 20 février 2011
  • salle de cinéma
  • accès libre, dans la limite des places disponibles

les grandes figures féminines dans les comédies musicales égyptiennes / carte blanche à la Cinémathèque de la Danse

du vendredi 11 au dimanche 13 février 2011

Art de variété, divertissement populaire, l’enjeu de la danse orientale se situe dans cet espace où le pur et l’impur, le masculin et le féminin échangent allusivement leurs signes : cercles de lumière dont la danseuse, par saccades, ondulations, reprises successives du même motif semble étendre pas à pas la zone d’influence, dessiner la ligne d’ombre avant de revenir sur ses pas, une fois accompli le cycle magique de sa métaphore. Sensuelle, provocante, gracieuse, espiègle, dans les comédies musicales égyptiennes, la danseuse, toujours éblouissante, tient le centre des regards. En rupture avec l’immobilisme des rôles masculins (chantants ou pas), elle ouvre l’espace, permet aux désirs de circuler, aux sentiments et aux émotions de se réaliser. Les images presque exclusivement frontales mettent en valeur cette dimension, comme elles soulignent l’aspect théâtral des décors et des situations qui se retrouvent d’un film à l’autre. Et cette répétition des thèmes, la tendresse naïve et parfois enfantine qui s’en dégage, loin de lasser, semble au contraire faire basculer à son tour le récit cinématographique dans la danse.
C’est pourquoi la rigueur et la beauté de ces cadrages évoquent l’art d’un Rossellini, sa manière de placer sa caméra, d’évidence au cœur des êtres et des choses : observant ces personnages – danseuses, compositeurs, artistes de music-hall – débattre de leur quiproquos amoureux, les suivant sur les scènes de cabaret, le long des rues, sur les rives du Nil ou dans les voitures américaines qui les entraînent à toute allure vers le désert, nous en apprenons plus sur le Caire, la société égyptienne des années 50, l’amour de la vie et la séduction des femmes qu’à partir de n’importe quel documentaire, aussi savant soit-il.

Patrick Bensard
Directeur de la Cinémathèque de la Danse

Dans ces films où le chant tient la première place, le scénario est toujours le même : l’amour impossible entre deux personnes de conditions sociales différentes et un happy end en musique.
« Aujourd’hui il n’y a que les comédies musicales indiennes qui puissent rivaliser avec ce que nous faisions » Samia Gamal.

Madame la Diablesse, d'Henry Barakat © Films Régent
Madame la Diablesse, d'Henry Barakat © Films Régent
Samia Gamal et Farid El-Atrache dans C'est toi que j'aime d'Ahmed Badrakhan © Films Régent
Samia Gamal et Farid El-Atrache dans C'est toi que j'aime d'Ahmed Badrakhan © Films Régent
Samia Gamal dans La Chanson Eternelle d'Henry Barakat © Films Régent
Samia Gamal dans La Chanson Eternelle d'Henry Barakat © Films Régent

vendredi 11 février

18h30

Montage de comédies musicales de la Cinémathèque de la danse (NB, 57 min, VOSTF)
Ce montage réalisé par la Cinémathèque de la Danse donne l’occasion de revoir certaines séquences légendaires de comédies musicales égyptiennes. Les stars célèbres de l’époque (Samia Gamal, Farid El-Atrache, Carioca, Chadia, Dalida et bien entendu Oum Kalthoum…) y figurent.

samedi 12 février

14h

Madame la Diablesse de Henry Barakat (Egypte, 1949, NB, 2h, VOSTF)

avec Samia Gamal, Farid El-Atrache, Ismaël Yassine

Ce film est un véritable conte de fée où abondent sorts magiques, génies et diablesses. Il possède probablement les plus belles scènes de danses interprétées par la magnifique Samia Gamal. Ce fut d’ailleurs son film préféré : “ En diablesse, je poursuivais Farid et d’un claquement de mains, je pouvais exhausser le moindre de ses désirs. Le film a eu un tel succès que je ne pouvais plus sortir dans la rue. Les gens m’apostrophaient, m’arrêtant pour vérifier si j’avais vraiment ce pouvoir de Djennah”, se souvenait-elle.

16h30

Un verre, une cigarette de Niazi Mostafa (Egypte, 1955, NB, 2h11, VOSTF)

avec Samia Gamal, Dalida, Nabil El Alsy

Un médecin est tiraillé entre son amour pour sa femme, danseuse, et celui d'une infirmière qui travaille dans son service. ?Parfait exemple de mélodrame égyptien, c'est l'un des premiers films dans lequel Dalida, alors brune, et un an après son élection de Miss Egypte, campe le rôle d'une vamp.

19h

Le monstre de Salah Abou Seif (Egypte, 1954, NB, 1h53, VOSTF)

avec Samia Gamal, Anwar Wagdi, Mahmoud El-Melighy, Abbas Fares

L’histoire véridique d’un brigand qui terrorisa et racketta un village de la vallée du Nil au temps de l'occupation britannique, avant la première guerre mondiale.
Le réalisateur Salah Abou Seif développe dans ses films un parti pris réaliste inspiré directement de l’histoire de son pays.

dimanche 13 février

14h

Fatma d’Ahmed Badrakhan (Egypte, 1947, NB, 2h10, VOSTF)

avec Oum Kalthoum et Anwar Wagdi

Dans ce film, Oum Kalthoum campe le rôle de Fatma, une jeune infirmière qui passe ses journées au chevet d'un richissime pacha. Le frère de celui-ci tombe amoureux de Fatma et l’épouse bien qu’elle soit issue d'une famille très modeste. Leur relation se dégrade et le couple ne va pas survivre à l'écart qui les sépare.
Parallèlement à sa carrière de chanteuse, Oum Kalthoum s'essaie au cinéma mais délaisse assez vite le septième art car l’absence physique du public lui faisait cruellement défaut.
Ce film sera projeté pendant plusieurs décennies dans de nombreux cinémas du Caire.

16h30

La sangsue de Salah Abou Seif (Egypte, 1956, NB, 2h10, VOSTF)

avec Tahiya Carioca, Chadia, Choukri Sahran

Un jeune étudiant de province arrive au Caire et se laisse séduire par sa logeuse, fougueuse et dévoyée, qui le fait sombrer dans la déchéance.
Ce film réalisé en 1956 aurait pu l’être aujourd’hui tant le sujet reste contemporain. Il présente aussi une autre grande actrice de cette époque, Carioca, surnommée ainsi en raison de son style brésilien et de la sensualité de ses mouvements.

réalisatrices du monde arabe : L’Orient des femmes derrière la caméra

Les silences du Palais, de Moufida Tlatli © Mat Films
Les silences du Palais, de Moufida Tlatli © Mat Films
Barakat !, de Djamila Sahraoui © Films du Paradoxe
Barakat !, de Djamila Sahraoui © Films du Paradoxe
Rachida, de Yamina Bachir Chouikh © Films du Paradoxe
Rachida, de Yamina Bachir Chouikh © Films du Paradoxe
Marock, de Laïla Marrakchi © Lazennec
Marock, de Laïla Marrakchi © Lazennec
Caramel, de Nadine Labaki © Bac Films
Caramel, de Nadine Labaki © Bac Films

du jeudi 17 au dimanche 20 février 2011

Les années 1990 ont vu émergé des réalisatrices dans le monde arabe (Maroc, Algérie, Liban et Tunisie principalement). Issues souvent du documentaire, parfois monteuses à l’origine, parfois également productrices, ces réalisatrices arabes, reconnues sur la scène internationale (depuis le succès critique et public des Silences du Palais jusqu’à celui de Caramel), proposent de nouveaux regards sur les sociétés arabes contemporaines et la place des femmes. Une cinématographie riche et en développement dont nous vous proposons ici quelques-unes des réalisations.

jeudi 17 février

15h

Les silences du palais, de Moufida Tlatli (Tunisie, 1994, coul., 2h10, VOSTF)

avec Amel Hedhili, Hend Sabri, Ghalia Lacroix, Sami Bouajila

Alia, jeune femme tunisienne, apprend la mort du prince Sid Ali, son ancien maître chez qui elle a passé son enfance. De retour au palais du prince, elle revoit les images cruelles de sa jeunesse, de sa mère et des servantes...

Née en 1947 à Sidi Bou Saïd, Moufida Tlatli a étudié le montage à l'IDHEC et a menée ensuite une longue carrière de monteuse qui lui permettra de participer aux films arabes les plus importants des années 70-80. En 1994, elle réalise son premier long métrage, Les Silences du Palais, qui reçoit la mention spéciale de la Caméra d'Or au festival de Cannes en 1994 et La Tulipe d'Or au Festival International d'Istanbul (1995).

vendredi 18 février

17h

Miel et cendres, de Nadia Fares (Tunisie, 1996, coul. 1h20, VOSTF)

avec Nozha Khouadra, Amel Ledhili, Naji Najeh, Samia Mzali, Slim Larnaou, Lara Chaouachi

Naima est médecin, Amina, universitaire, et Leila, étudiante,. Ces trois femmes tunisiennes tentent de réussir leur vie et leurs relations avec les hommes. Eprises de liberté, elles font face, dans leur quotidien, aux traditions rétrogrades que tente de leur imposer leur société.

Née en Suisse en 1962, et d’origine égyptienne, Nadia Fares a grandi entre deux cultures et étudié à Berne, au Caire et à l’Université de New York. Entre Lausanne et le Caire, elle a réalisé différents documentaires, courts-métrages et fictions depuis 1986.

18h30

Un soir en juillet, de Raja Amari (Tunisie, 2001, coul., 23 mn, VOSTF)

La vieille Saida est appelée à l’occasion des mariages pour mettre en beauté les mariées. Elle rencontre Miriam à la veille de ses noces, qui doute et hésite. Entre elles deux naît un fort sentiment de solidarité.

Satin rouge, de Raja Amari (Tunisie, 2002, coul., 1h40, VOSTF)

avec Hiam Abbass, Maher Kamoun, Hend El Fahem

A Tunis, Lilia est pour tous une femme rangée qui élève seule sa fille Salma, depuis la mort de son mari. Pour protéger sa fille qu’elle croit à la dérive, Lilia se rend un soir dans un cabaret. Un monde nouveau s’ouvre à elle, celui de la nuit, de la danse et des plaisirs. Au fil des nuits, elle devient danseuse de cabaret.

Née à Tunis en 1971, diplômée de la Femis, Raja Amari réalise tout d’abord des courts métrages avant son premier long-métrage, Satin rouge, qui remporte un succès critique et public. Son dernier film, Les Secrets, avec Hafsia Herzi, est sorti au printemps 2010.

samedi 19 février

13h

La moitié du ciel d’Allah, de Djamila Sahraoui, documentaire (Algérie / France, 1995, coul., 52 mn, VOSTF)

L’Algérie, dans les années 90, est un pays en guerre dans lequel les femmes n’ont plus la parole. Elles témoignent ici de leur participation à l’indépendance, puis de leur exclusion du pouvoir jusqu’à leur confinement par le code de la famille en 1984. Images d’archives et interviews de celles qui ont combattu et combattent encore autrement : une célébration de la vie.

14h

Barakat !, de Djamila Sahraoui (Algérie / France, 2006, coul., 1h34, VOSTF)

avec Rachida Brakni, Fettouma Bouamari

Algérie, 1990. Amel, médecin urgentiste, part à la recherche de son mari disparu, accompagnée de Khadija, une infirmière qui a combattu jadis pour l'indépendance. Au fil d'un périple incertain, les deux femmes vont se découvrir l'une l'autre, en même temps qu'elles se confronteront aux hommes de leur pays.

Née en 1950 en Algérie, diplômé de l’IDHEC, brillante documentariste, Djamila Sahraoui réalise son premier long métrage de fiction en 2006 avec Barakat ! qui lui vaut tous les honneurs avec une dizaine de prix dans différents festivals.

16h

Rachida, de Yamina Bachir Chouikh (Algérie, 2002, coul., 1h37, VOSTF)

avec Ibtissem Djouadi, Bahia Rachedi, Rachida Messaouden, Zaki Boulenafed, Amel Chouikh

Alger. Rachida, institutrice, a 20 ans. Un matin, elle est abordée par quatre jeunes qui lui ordonnent de poser une bombe dans l'école. Malgré la peur, elle refuse d'obtempérer. Ils lui tirent dessus mais elle survit et se réfugie avec sa mère, dans un petit village, croyant pouvoir fuir la violence des terroristes.

Née en 1954, Yamina Bachir a fait ses débuts en 1973 à l’Office algérien du cinéma où elle travaille comme scripte et monteuse sur de nombreux films documentaires et de fiction. Rachida est son premier long-métrage et a été un véritable phénomène en Algérie, où il a rencontré un immense succès.

18h

Les yeux secs, de Narjiss Nejjar (France / Maroc, 2004, coul., 2h, VOSTF)

avec Siham Assif, Khalid Benchegra, Raouia, Rafika Belhaj

Après 25 ans d’absence, Mina revient dans son village, perdu dans les montagnes de l’arrière-pays berbère, accompagnée d’un homme qu’elle présente comme son fils. Un village de réprouvées où les femmes vendent leur corps, et dont Hala est la chef.

Née en 1971 à Tanger, et après des études de réalisation à Paris, Narjiss Nejjar travaille comme assistante réalisatrice sur de nombreux courts et moyens métrages. En 1994 elle réalise son premier documentaire, suivi de moyens métrages. Les Yeux secs est son premier long métrage, sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes en 2003, et Grand Prix du Jury au 4ème Festival international du film de Rabat.

dimanche 20 février

13h

Le Cerf-volant, de Randa Chahal Sabbag (Liban / France, 2003, coul., 1h20, VOSTF)

avec Flavia Béchara, Ziad Rahbani, Randa Asmar, Julia Kassar, Tamime Chahal

Lamia, jeune fille libanaise de 16 ans, est mariée de force par sa famille à son cousin qui vit dans un autre village libanais annexé par Israël. Entre les deux villages, une frontière, plusieurs tours de contrôle et des soldats israéliens dont l’un tombe amoureux de Lamia.

Née en 1953 à Tripoli, Randa Chahal Sabbag étudie le cinéma en France. A partir de 1979, elle réalise plusieurs documentaires sur l’histoire du Liban et tourne son premier long-métrage en 1991 Ecrans de sable. Suivront plusieurs documentaires et fictions autour de la guerre du Liban, dont Civilisées en 1999. En 2003, elle réalise Le Cerf-volant, son 3ème long-métrage de fiction qui reçoit le Lion d'argent à la Mostra de Venise. Randa Chahal Sabbag est morte à Paris en 2008, laissant une œuvre forte marquée par les guerres et les tragédies libanaises.

15h

Marock, de Laïla Marrakchi (France / Maroc, 2006, coul., 1h40, VOSTF)

avec Morjana Alaoui, Mathieu Boujenah, Razika Simozrag, Fatym Layachi, Assad Bouab

L'insouciance de la jeunesse dorée marocaine de Casablanca et tous ses excès : courses de voitures, amitiés, musique, alcool, mais aussi les premières histoires d'amour et l'angoisse de passer à l'âge adulte.

Laïla Marrakchi est née à Casablanca en 1975. Titulaire d'un DEA en Etudes cinématographiques de l'université Paris III, elle a été assistante à la mise en scène sur plusieurs films avant de réaliser en 2000 son premier court métrage puis différents documentaires. Marock, son premier long-métrage, a rencontré un très grand succès au Maroc à sa sortie.

17h

Caramel, de Nadine Labaki (Liban / France, 2007, coul., 1h36, VOSTF)

avec Nadine Labaki, Yasmine Al-Masri, Joanna Moukarzel, Gisèle Aouad, Siham Haddad

A Beyrouth, cinq femmes se croisent régulièrement dans un institut de beauté, microcosme coloré où plusieurs générations se rencontrent, se parlent et se confient. Les hommes, le sexe et la maternité sont au cœur des conversations, intimes et libérées.

Née en 1974 au Liban, Caramel est le 1er film de Nadine Labaki, après la réalisation de nombreux clips musicaux. Présenté au festival de Cannes en 2007, projeté dans plus de 65 pays à travers le monde, Caramel est devenu le plus grand succès international du cinéma libanais.

Remerciements à la Cinémathèque Afrique de l’Institut Français.