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28 agosto

Chris Rock dans Good Hair
Chris Rock dans Good Hair

Cycle Cheveux chéris

Vacances d'hiver, du 2 au 10 mars 2013

Éclectiques, les films proposés en clin d’œil à l’exposition Cheveux chéris. Frivolités et trophées, font tous la part belle au cheveu et à la coiffure en tant que marqueurs symboliques : les cheveux des films choisis tirent le fil d’identités affirmées ou au contraire en désordre et en évolution, d’une époque à une autre, et dans des cultures différentes.

Depuis la chevelure comme révélatrice du désordre de l’âme dans The Shanghai Gesture, jusqu’à la coiffure comme revendication politique chez les Black Panthers (cf. le film homonyme d’Agnès Varda) ou les films de la Blaxploitation, en passant par la chevelure comme marqueur identitaire (les cheveux des blancs et ceux des noirs, dans Mirage de la vie, ou encore Candice Bergen en cheyenne blonde dans le Soldat Bleu), les cheveux, coiffures ou perruques interrogent également le genre (Adieu ma concubine), et les situations politiques, sociales ou religieuses. A découvrir : le documentaire, inédit en France, de l'acteur américain Chris Rock, Good Hair, qui questionne les Afro-américains sur leur chevelure et ce qu’elle dit de leur identité.

Informations pratiques

  • salle de cinéma du musée
  • projections en accès libre, dans la limite des places disponibles

Pendant les vacances d'hiver, le musée vous propose une semaine d'activités "rien que pour vos cheveux". Partez à la découverte du cheveu sous toutes ses formes : parcours-atelier, visites contées au sein de l'exposition, rencontres avec des artistes et des associations. cliquez ici pour en savoir plus sur le programme complet des vacances d'hiver

Samedi 2 mars 2013, 16h

The Shanghai Gesture, de Josef von Sternberg

(USA, 1942, 1h46, NB, VOSTF)

Avec Gene Tierney, Walter Huston, Victor Mature, Ona Munson

À Shanghai, Mother Gin Sling, une Chinoise dirigeant une luxueuse maison de jeux, reçoit un ordre d'expulsion de la part de Sir Charteris, qui veut fermer les lieux de débauche. Apprenant que Poppy Smith, fraîchement débarquée à Shanghai, est sa fille, elle décide de la corrompre par l'alcool et le jeu, afin d'assouvir sa vengeance...
La déchéance progressive de Poppy (Gene Tierney) est symbolisée notamment dans ses cheveux : sûre d’elle-même et arrogante au début du film, coiffure stricte et robe élégante, ses tenues sont de plus en plus provocantes et elle finit par lâcher ses cheveux, abandonnée à la luxure ambiante. Mother Gin Sling arbore quant à elle tout au long du film une incroyable coiffure de gorgone.

Black Panthers
Black Panthers

Dimanche 3 mars 2013, 16h

Black Panthers, d’Agnès Varda

(1968, 30 mn, NB, VOSTF)

Black Panthers a été tourné à Oakland en Californie, autour du procès de Huey Newton, leader activiste noir. Dans ce documentaire militant, Agnès Varda filme les manifestations, les discours et interviewe différents activistes, dont Newton lui-même. L’importance des cheveux et des coiffures comme signe de distinction, affirmation de soi et de sa différence est omniprésente : de nombreux plans des visages montrent les coiffures afro de cette période et les chapeaux en vigueur. Des activistes disent leur fierté d’être noires (« Black is beautiful ») et de porter leurs cheveux « à la naturelle ».

Foxy Brown, de Jack Hill

(USA, 1974, 1h20, VOSTF, coul.)

Avec Pam Grier, Antonio Fargas, Peter Brown

Le petit ami de Foxy Brown, agent du FBI, est abattu sous ses yeux. Foxy cherche alors à se venger des trafiquants de drogue qui ont brisé sa vie.
Film phare de la Blaxploitation, tourné un an après le succès de Coffy, la Panthère Noire de Harlem, Foxy Brown est une immersion dans la culture afro des années 1970, avec des accents féministes incarnés en talons hauts par Pam Grier qui cache dans sa chevelure le revolver de sa vengeance...

Lundi 4 mars 2013, 16h

Mirage de la vie, de Douglas Sirk

(USA, 1959, 2h05, VOSTF)

Avec Lana Turner, John Gavin et Sandra Dee

Lora Meredith, jeune veuve désireuse de devenir comédienne, fait la connaissance d’Annie Johnson, une femme noire dont la fillette, Sarah Jane, a la peau blanche et les cheveux lisses. Unissant leur infortune, Lora et Annie décident de vivre et d’élever leurs filles ensemble jusqu’à ce que le tourbillon du destin s’en mêle…
Dernier mélodrame de Sirk et grand succès du box-office, Mirage de la vie est une fresque mélodramatique autour de la vie de 2 femmes confrontées aux difficultés et aux humiliations de la société américaine des années 50, raciste et sexiste.

Mardi 5 mars 2013, 16h

Soldat Bleu, de Ralph Nelson

(1970, 1h45, VOSTF, interdit au moins de 12 ans)

Avec Candice Bergen, Peter Strauss, Donald Pleasence

Une unité de soldats américains escortant un convoi d'or est exterminée par des Cheyennes. Seuls survivants, Honus Gent, une jeune recrue inexpérimentée, et Crista Marybel, enlevée deux ans plus tôt par les Indiens. Ensemble ils rallient un fort qui se prépare à un massacre de Cheyennes.
L’histoire du massacre de Sand Creek filmée par Ralph Nelson est l’un des premiers grands films pro-indiens des années 1970 : le 29 novembre 1864, neuf cents hommes de la Cavalerie du Colorado massacraient une tribu Cheyenne et prélevaient une centaine de scalps. Candice Bergen, blanche devenue indienne, joue une femme atypique dont la blondeur marque l’écran pour la situer entre deux cultures et deux identités.

Mercredi 6 mars 2013, 16h

Tabou, de Friedrich Wilhelm Murnau

(USA, 1931, 1h20, NB, film muet)

Avec Anna Chevalier, Matahi et Tihu

Matahi est pêcheur de perles à Bora-Bora. Il est amoureux de Reri mais Hitu, le prêtre, la voue aux dieux. Désormais, Reri est tabou. Le couple s'enfuit mais il est retrouvé par Hitu...
Tabou est issu de la rencontre de deux grands réalisateurs : Robert Flaherty, auteur de Nanouk l’esquimau, tourné 10 ans auparavant, et Murnau, célèbre réalisateur d'origine allemande, amoureux de la Polynésie. Parures de feuilles et de fleurs occupent une place prépondérante dans ce film mythique, posées sur les cheveux noirs des habitants de l’île et contrastant avec les cheveux blancs de Hitu, mais aussi les chapeaux de paille, casquettes et casques coloniaux qui coiffent les blancs de l’île sur laquelle se réfugient les deux amants.

Jeudi 7 mars 2013, 18h30

La fête du feu, d’Asghar Farahdi

(Iran, 2006, 1h44, VOSTF)

Avec Hedieh Tehrani, Taraneh Allidousti, Pantea Bahram

A la veille du Nouvel An iranien, Rouhi, qui va bientôt se marier, est employée à Téhéran comme femme de ménage chez un couple aisé, Modjeh et son mari Morteza. Le désordre du domicile correspond à celui de ce couple en crise : Modjeh soupçonne son mari de la tromper avec Simin, la voisine divorcée, coiffeuse à domicile.
Dans ce huis-clos, Asghar Farahdi, réalisateur découvert en France grâce à son film Une séparation, livre une critique subtile de la société iranienne. Dans la première scène, la moto de Rouhi et son fiancé est stoppée à cause d’un tchador pris dans la roue arrière, scène censurée en Iran. Farhadi fait la part belle aux visages et aux coiffures et organise une sorte de typologie du port du voile. Celui de Simin est coloré et encadre un visage maquillé. Modjeh, sans fard, le porte de manière stricte, mais emprunte le tchador de Rouhi pour espionner son mari discrètement…

Samedi 9 mars 2013, 16h

Adieu ma concubine, de Chen Kaige

(Chine, 1993, 2h50, VOSTF)

Avec Leslie Cheung, Zhang Fengyi, Gong Li

1925, le jeune Douxi entre à l’académie du maître Yuan pour être initié à l’art exigeant de l’opéra de Pékin. Son charme féminin lui vaut d’obtenir les rôles de femmes et de briller grâce au personnage titre de la tragédie Adieu ma concubine. Shitou, jeune comédien de l’académie, le prend sous sa protection. En 1937, au soir de l’invasion japonaise, ils sont tous les deux des stars de l’opéra chinois.
Triangle amoureux, homosexualité, ambivalence de genre et art du travestissement, les trois héros de cette grande fresque qui se déroule sur plus de 50 ans sont ballotés et victimes de la grande histoire, celle des bouleversements politiques qui ont agité la Chine depuis le début du XXe siècle jusqu’à la fin de l’ère Mao. Eblouissant sur le plan visuel, Adieu ma concubine a obtenu la Palme d'or à Cannes en 1993.

Dimanche 10 mars 2013, 16h

Good Hair, documentaire de Jeff Stilson

(USA, 2009, 1h36, VOSTF)

Inédit en France / Prix spécial du jury pour le documentaire, Festival de Sundance 2009

A partir d'une déclaration de sa fille, l'acteur américain Chris Rock part à la découverte de la chevelure de ses pairs et nous propose une sorte de road-movie au coeur du cheveu afro-américain : depuis les usines de produits défrisants jusqu'au temple de Tirupati en Inde où sont pratiquées des séances géantes de tonsure dont la récolte finira sur les têtes des avocates de Beverly Hills, des salons de coiffure de Harlem au Bronner Brothers Show, festival de la coiffure black... Ice-T, Maya Angelou, Eve, Salt’n Pepa et le révérend Al Sharpton ponctuent le documentaire d’anecdotes mais aussi d'éléments de réflexion sur ce que cette histoire de cheveux peut dire de l'identité afro-américaine et de ses mutations culturelles.