Marie Joseph Angélique / Québec, 1710-1734
Angélique était une esclave d'un négociant de Montréal qui se nommait François Poulin de Francheville. Après avoir enfanté trois enfants, tous morts peu de temps après leur naissance, et dont le père était un autre esclave du nom de César, elle tomba amoureuse d'un blanc, Claude Thibault.
En 1734, Angélique apprend que sa maîtresse, Thérèse Découagne, devenue veuve de François Poulin, a décidé de la vendre. Elle prend alors la décision de s'enfuir pour ne pas être séparée de son amant. La nuit tombée, la maison de sa maîtresse prend feu. L'incendie prend de l'ampleur et finit par réduire en cendres 46 bâtiments dont une partie de l'Hôtel-Dieu.
Angélique est accusée d'avoir mis le feu, sur la base du témoignage d'une enfant de cinq ans dont le père n'avait pas accepté la liaison de cette esclave noire avec un homme blanc.
Conduite à Québec, Marie-Josèphe Angélique en appelle au Conseil Souverain qui adoucit sa peine : elle n'aura pas le poing coupé et son corps ne sera brûlé qu'après sa mort. Elle est ramenée à Montréal pour être exécutée, selon l'ordonnance, le 21 juin 1734.
Le matin de son exécution elle est soumise à la Question Ordinaire et Extraordinaire, torture appliquée aux condamnés pour leur faire avouer leur culpabilité et dénoncer d'éventuels complices.
Marie-Josèphe Angélique avoue son crime, mais seulement après quatre tentatives du tortionnaire, et elle persiste à ne dénoncer aucun complice. Vers les trois heures, elle est mise dans la charrette à vidanges jusqu'à l'échafaud où elle est pendue et brûlée.

- 'Angélique 1734', installation de Guy Giard et Tania Faye, 2002
L'installation Angélique 1734 fut présentée dans le cadre de l'exposition Mémoire Vive, qui se voulait un laboratoire permettant la rencontre entre pratiques d'artistes et métiers de l'interprétation du patrimoine. L'idée était de faire ressortir l'histoire oubliée et anonyme de la ville, celle qui était proche du quotidien des gens mais qui, telle une mémoire latente, demande à être ravivée pour être perçue. Présenté conjointement par le centre d'art Dare-Dare et le Centre d'histoire de Montréal du 31 mai au 22 septembre 2002.
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