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20 abril

Le fonds Thérèse Rivière

©Archives du musée du quai Branly (DA 001074, notice 49566). Rapport manuscrit de la mission dans les Aurès, 1937
©Archives du musée du quai Branly (DA 001074, notice 49566). Rapport manuscrit de la mission dans les Aurès, 1937
©Archives du musée du quai Branly (DA 001063, notice 49658). Dessin de Tirhzet Mohammed Seghir le 12 avril 1936 à Kerma
©Archives du musée du quai Branly (DA 001063, notice 49658). Dessin de Tirhzet Mohammed Seghir le 12 avril 1936 à Kerma

Fonds d’archives privées Thérèse Rivière (1901-1970)

Don : décembre 2005

Biographie

Née en 1901 dans une famille de la bourgeoisie parisienne, Thérèse Rivière reçoit de solides bases dans différents domaines scientifiques : préhistoire à l’école du Louvre et à l’institut de paléontologie humaine, science religieuse mais également une formation d’infirmière, comme il est courant sans son milieu.

Elle entre au Musée d’ethnographie du Trocadéro en 1928 comme « aide-technique » pour seconder son frère Georges-Henri Rivière, un des futurs fondateurs du Musée de l’Homme. En 1931, elle est nommée officiellement assistante et occupe alors les fonctions les plus variées. Elle fait du secrétariat et introduit  l’usage de la machine à écrire, instaure un système administratif où tout est écrit en plusieurs exemplaire, assure l’enregistrement des collections, le classement des photographies, le dépoussiérage d’objets, l’organisation d’expositions… A partir de 1933, Paul Rivet lui confie la responsabilité d’un département nouvellement créé  « l’Afrique blanche et Levant ».

Mission dans les Aurès de 1934-1936

En décembre 1934, Thérèse Rivière et Germaine Tillion, deux anciennes élèves de l’Institut  d‘ethnologie de Paris, arrivent en Algérie pour mener «  une enquête ample, à la fois sociologique et ethnologique sur l’Aurès et ses habitants dans le but d’apporter une contribution efficace aux méthodes de colonisation ; la connaissance des usages, croyances et techniques des possessions indigènes rendant possible avec ces dernières une collaboration plus féconde et plus humaine, et conduisant à une exploitation plus rationnelle des richesses naturelles…Accessoirement, nous nous proposons de constituer une collection d’objets systématiquement recueillis avec photographies, croquis et films », selon Henri Labouret, l’initiateur de la mission.

De la mission dans les Aurès, Thérèse Rivière rapporte 857 objets (collection 71.1936.2) et Germaine Tillion 130 (collection 71.1937.9). Les fiches muséographiques de chaque objet ont été rédigées par Thérèse Rivière jusqu’en 1944 avec une très grande rigueur : les noms des artisans y figurent très souvent ainsi qu’une photographie montrant aussi bien les étapes de sa fabrication que son usage.

Les résultats de la mission sont  présentés au musée de l’Homme dans une exposition intitulée l’Aurès à partir du 28 mai 1943. Jacques Faublée est alors chargé de l’exposition, puisque Thérèse Rivière est souffrante et Germaine Tillion, résistante dans le “réseau du musée de l’Homme”, a été arrêtée sur dénonciation le 13 août 1942. Elle est alors incarcérée à la prison de Fresnes. Elle sera déportée à Ravensbrück en novembre 1943 d’où elle sera libérée en 1945.

Organisée en trois parties, l’exposition présente de très nombreux objets et photographies. La première porte sur les constructions : champs à terrasses, appareils d’irrigations, greniers et ruchers collectifs,  l’habitat à travers des photographies et des croquis. La seconde présente les étapes de la réalisation et de l’utilisation des techniques par des objets et des photographies. La dernière est consacrée à l’organisation sociale, avec des prises de vues d’événements : noces, semailles, circoncisions, etc. Le Catalogue des collections de l’Aurès est rédigé par Jacques Faublée, d’après les notes de Thérèse Rivière et de Germaine Tillion,  qui les envoie depuis son lieu de détention. Dans le contexte difficile de la guerre, cette exposition dure 3 ans et reste en place jusqu’en mai 1946.

Description du fonds

Les archives de Thérèse Rivière rassemblent une vingtaine de carnets de terrain, le questionnaire linguistique de la mission, les légendes de ses photographies, les inventaires des objets collectés, un ensemble de dessins réalisés par les habitants de plusieurs villages, le rapport de la mission, les publications envisagées et les textes de quelques conférences. Elles réunissent également quelques documents liés aux autres missions qu’elle a effectuées quelques années plus tard en Algérie.