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22 julio

La Dama del río

Le musée du quai Branly a acquis en 2011 un crochet exceptionnel par sa taille mais aussi par son iconographie. Originaire probablement de la région ouest des Iatmul (groupe Nyaura) en Papouasie-Nouvelle-Guinée (vallée du Sepik), l’oeuvre montre une femme dans toute sa splendeur agressive.

Cette figure est d’autant plus déroutante que les sociétés de la vallée du Sepik sont dominées par les hommes. À eux reviennent l’action politique, les grands équilibres entre les groupes, la guerre et l’organisation d’importants rituels comme l’initiation. Les grandes maisons cérémonielles sont l’expression de cette puissance.

Cependant, les femmes occupent une place considérable. Elles ont en charge la production de nourriture. Elles éduquent les enfants. Leurs territoires sont les maisons familiales, les jardins. Elles sont également au coeur des récits mythologiques. Sur ce crochet, la figure féminine, en équilibre sur son socle, évoque un de ces personnages mythologiques.

Cette promenade à la carte, qui fait écho à l'installation inaugurale de l'Atelier Martine Aublet présentée au musée du quai Branly du 5 juin au 30 septembre 2012, est prétexte à l’évocation de la place des femmes dans la société du Moyen Sepik, leurs rapports au monde des hommes et à celui des Ancêtres.

  • Crochet (samban)

    Crochet (samban)

  • Jupe

    Jupe

  • Coiffe de mariée

    Coiffe de mariée

  • Crocodile

    Crocodile

  • Crochet à figure

    Crochet à figure

  • Filet de portage

    Filet de portage

  • Foyer

    Foyer

  • Jarre à sagou

    Jarre à sagou

  • Panier de pêche

    Panier de pêche

  • Nasse à poissons

    Nasse à poissons

  • Crochet

    Crochet

  • Crochet

    Crochet

  • Crochet

    Crochet

  • Crochet

    Crochet


Foyer

Foyer

Papouasie-Nouvelle-Guinée, région du Moyen Sepik, village de Palimbei Population Iatmul Fin du 20e siècle terre cuite Mission Christian Coiffier, 1995 71.1996.26.1 © musée du quai Branly

Dans les maisons familiales, chaque femme (la société Iatmul est polygame) possède son propre espace avec son foyer de terre et ses ustensiles de cuisine. Les foyers sont d’immenses coupes asymétriques dans lesquelles on place un plat sur lequel sont préparées des galettes de sagou, base de l’alimentation avec les poissons. Le sagou, amidon extrait de la moelle des palmiers sagoutiers, est stocké dans des jarres dont le col est orné de figures (ici un cochon) qui peuvent évoquer les esprits de la forêt. Des coupes permettent de cuisiner des soupes ou des légumes. Au-dessus du foyer, des paniers sont suspendus à des crochets. Tôt le matin, après les avoir préparés, les femmes disposent dans ces paniers galettes de sagou et poisson cuit. Chaque membre de la famille possède son panier et mange quand il a faim.