Sculpture sanaga
En attribuant de façon laconique cette œuvre à la "Sangha" (un important affluent du moyen Congo), son collecteur, M. Ferrière, a laissé planer une grande incertitude quant à son origine.
Le bassin de la Sangha est en effet très vaste. De plus, l'art de la Sangha n'a jamais été bien étudié et ce qu'on en connaît n'a manifestement aucun rapport avec cette figure.
Des recherches sur la sculpture du système d'initiation so des peuples du sud-ouest et du centre-sud du Cameroun ont permis de dégager des relations formelles entre la sculpture de M. Ferrière et une autre appartenant au Museum für Völkerkunde de Berlin provenant de la rive nord de la rivière Sanaga.
Le so est un rituel associant expiation et initiation et impliquant des danses. L'aire de danse était constituée d'une longue et étroite plate-forme taillée dans un tronc d'arbre. Une partie de cette plate-forme était destinée à placer un tableau présentant différents thèmes zoomorphes et anthropomorphes. Les scènes y étaient sculptées dans une partie du tronc. L'ensemble se nommait nzom (minzom au pluriel). Celui de Berlin montre un personnage dont le style est comparable à celui de la statuette collectée par M. Ferrière. Celle-ci évoque l'iconographie des gardiens de reliquaire et témoigne certainement de la diffusion vers l'est des conceptions cultuelles liées aux ancêtres.
Au début du siècle, G. Tessmann a observé chez les Bafia et les Yambasa (dont les cultures sont similaires mais les langues différentes) deux cultes mettant en scène des statues certainement en rapport avec le contrôle et la lutte contre la sorcellerie.

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