Sculpture fang
Plusieurs masques fang ont une face longiligne analogue. Ils furent collectés avant le début du XXe siècle. Le ngil était selon l'ethnologue Philippe Laburthe-Tolra "la forme locale de l'inquisition, avec ses menaces et ses atrocités pour arracher des aveux par des tortures cruelles, dans un cadre terrifiant, à tous les malheureux suspects de sorcellerie". Si le ngil, auquel ont été attribués tous les masques fang au visage blanc étiré, est mentionné par différents auteurs avant sa disparition vers 1910, aucun n'évoque très clairement les grands masques, qui n'ont en fait jamais été vus in situ par les occidentaux.
Comparés aux figures de reliquaire du biéri, les grands masques blancs sont très peu nombreux. En dépit du manque d'informations ethnographiques, il est possible de commenter deux aspects singuliers des grands masques passés au kaolin. L'un tient à leur blancheur, l'autre au visage très étiré. Le blanc étant la couleur du deuil et de la mort chez les Fang et les populations de cette région, ce trait peut être rapproché de la fonction inquisitoriale du ngil, qui non seulement traquait et torturait ceux qu'il soupçonnait de sorcellerie, mais pouvait également les exécuter. De plus, lorsque le responsable du Ngil opérait, il s'enduisait le corps de kaolin. Le visage longiligne peut être opposé à celui des figures de reliquaire. Ces dernières ont souvent une tête ronde qui évoque celle d'un petit enfant.

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