Sculpture dogon
Les habitants dogon de Yayé déclarèrent à Denise Paulme et Deborah Lifchitz que cette œuvre était là à l'arrivée de leurs ancêtres.
Les spécialistes s'accordent pour dater la venue des Dogon dans cette partie des falaises de Bandiagara au début du XVe siècle. Ceux qui devaient constituer les Dogon, désormais établis sur le plateau de Bandiagara, ses falaises et la plaine du Seno-Gondo, sont probablement issus de l'ancien état mandé du Ghana (VIIIe-XIIe siècle), d'où ils partirent vers le XIe siècle avant la formation de l'empire du Mali (XIIIe-XVIe siècle). Après avoir suivi le cours du Niger, ils s'installèrent dans le sud-ouest des falaises. Des vestiges archéologiques témoignent d'une phase de coexistence aux XVe et XVIe siècles entre les Dogon et leurs prédécesseurs, lesquels, après cette période, auraient été absorbés par les Dogon, se seraient dispersés ou auraient disparu, victimes d'épidémies, de famines ou de guerres. Parmi ces prédécesseurs, les plus connus furent les Tellem, auxquels ont été attribuées les statuettes couvertes d'une patine croûteuse.
Epousant la forme du bois, le style de cette œuvre ne l'apparente nullement aux réalisations des Tellem. Par ailleurs, elle fut sculptée à une époque où les Dogon étaient probablement déjà parvenus dans la région de Yayé.
Son bois a récemment été daté par la méthode du carbone 14 de la fin du XVe siècle au début du XVIIe siècle ; elle ne semble donc pas être antérieure à l'arrivée des Dogon dans la falaise.
Si elle fut sculptée par un artiste appartenant à une culture non dogon installée à Yayé ou dans ses environs, celui-ci travaillait donc plutôt durant la phase de coexistence avec les Dogon.

Enviar a un amigo
Imprimir