Sculpture de la culture Nok
La découverte d'une série d'objets d'art en terre cuite appelés "Nok" remonte à 1928. Un petit nombre de pièces brisées ont alors été mis au jour par des mineurs d'étain sur le plateau de Jos, au centre du Nigeria.
En 1939, un archéologue britannique, Bernard Fagg, était nommé officier administratif au service colonial nigérian et prenait son poste à Jos. Il s'aperçut de l'importance archéologique potentielle de la région. Peu de temps après, plusieurs sculptures importantes étaient découvertes, pour la plupart des têtes ayant appartenu à des statues brisées. L'une des plus remarquables servait d'épouvantail. Une autre trouvaille notable fut faite par les mineurs dans un site d'extraction d'étain. En étudiant ces pièces, Bernard Fagg conclut à l'existence d'une culture importante. Depuis environ dix ans, de nouvelles découvertes ont été signalées. Au nombre de plus de cinq cents connus, les spécimens de l'art Nok sont de taille variée, allant d'une dizaine de centimètres à la grandeur presque nature. La plupart reproduisent des êtres humains, mais aussi quelques animaux. Les figures les plus petites, percées de trous, étaient peut-être portées en amulettes ou en ornements. Les plus grandes, avec leurs coiffures élaborées, leurs parures, leurs ornements de perles à profusion, sont sans doute l'image de personnalités importantes.
La sculpture montrant un personnage posant son menton sur un genou pourrait être un élément de mobilier de sanctuaire ou signalait une tombe. On observe sur le pourtour de l'autre œuvre une succession de scènes de la vie quotidienne, décrites avec minutie : travaux agricoles, culture et récolte de hautes tiges céréalières, égrainage des bottes à l'aide de peignes, transport de jarre, préparation, fabrication et consommation d'aliments...
Les six personnages ont les bras levés et supportent au-dessus de leurs têtes un imposant serpent qu'ils semblent célébrer.
Ce thème est courant dans les arts de l'Afrique de l'ouest. Son association avec des scènes agricoles et des figurations de maternité suggère ici l'existence d'un culte destiné à favoriser la procréation, la fertilité, ainsi que la bonne marche des récoltes.

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