Sculpture baoulé
Les figures de ce type appartiennent à l'ensemble des amuen, terme baoulé correspondant à l'appellation "fétiche" de la littérature coloniale, traduisible par "puissance spirituelle" ou "objet de pouvoir". Les amuen appartiennent généralement à des associations d'hommes initiés. Ces sociétés sont chargées de maintenir l'ordre social et de prévenir contre les dangers extérieurs (agressions ennemies, épidémies...).
Les statues porteuses de coupe tiennent leur puissance de leurs formes zoomorphes agressives et du sang venant régulièrement les vivifier. La coupe est un récipient nécessaire aux sacrifices et aux offrandes, souvent un oeuf. Elle régule le flot sanguin en étant le lien entre la tête - surplombant le réceptacle, permettant au sang de s'y déverser après avoir coulé sur le museau - et le reste du corps.
Ce récipient rend donc concrètement compte de l'usage sacrificiel et du mouvement sanguin sur la sculpture. La coupe résume et rend emblématique le rapport étroit existant entre forme et fonction, caractérisant l'esthétique et le style de ces sculptures.

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