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24 abril

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Sculpture Bamendou

Sculpture du royaume de Bamendou Masque royal XVIIIe siècle Plateau Bamiléké, Grassland, Cameroun Bois H. 86 cm Ancienne collection Pierre Harter Legs, 1992 Musée national des arts d'Afrique et d'Océanie A.P. 92.13

C'est en reconnaissance des soins reçus que le roi (chef) Victor Dongmo autorisa Pierre Harter à choisir cette sculpture parmi les décombres d'une case apparemment abandonnée mais restant sacrée. Les masques géants avec une coiffure ornée de lézards ou de crocodiles sont très rares au Grassland. Bamendou est l'un des cent royaumes (chefferies, micro-états) qui se sont formés en pays bamiléké depuis plus de six siècles.
Le royaume est dirigé par un souverain sacré dont les pouvoirs sont contrebalancés par ceux des notables regroupés en sociétés secrètes, sorte de conseils supérieurs chargés de la protection du royaume et divisés en loges autonomes reconnaissables par des masques et des objets spécifiques. Le tukah (littéralement tête du kah) emblème de la société et de la royauté est le masque le plus important détenu par la section des seniors, la plus influente. Un seul objet de ce type était utilisé par royaume lors des rites. Lorsqu'il était très usé, un deuxième était réalisé. L'ancien n'était pas abandonné mais pieusement gardé comme relique.
Dans ce masque royal, le personnage figuré porte une haute coiffure ajourée, sphérique et ornée de six lézards (rappelant aussi les crocodiles). Le masque, très lourd, était tenu à bout de bras, tous les cinq ans, par des serviteurs royaux, lors d'une procession fondée sur une liturgie liée aux classes des guerriers. Il intervenait aussi lors des cérémonies relatives à la désignation et à l'intronisation du successeur du roi, aux funérailles royales et à celles des grands dignitaires du pays, à certaines célébrations périodiques (rituels d'initiation et de fécondité). La sortie d'un tel masque exigeait une minutieuse préparation et le respect de certains interdits.
Des ouvertures ménagées aux joues et à la nuque étaient utilisées comme point d'appui d'un système de portage avec utilisation de piquets pour alléger le poids de la pièce durant la procession.
Le tukah était une visualisation du pouvoir du souverain et des notables fondateurs du royaume. Selon le roi Dongmo, il représenta la puissance, la noblesse et la pérennité des Bamendou durant plusieurs règnes. Le lézard symbolisait la puissance féconde, la vie et la renaissance du royaume, l'agilité et la vigilance du roi et des notables. Dans un autre contexte, il évoquait la force pouvant lancer des maléfices contre les ennemis du pays. Le front bombé était le symbole du mystère, de l'intelligence. Les joues évoquaient la fécondité, l'abondance, la richesse. La force de l'expression, la puissance des volumes avec leur remarquable combinaison de lignes, la richesse de l'iconographie, la monumentalité des formes et la réussite de la composition, mettent en évidence l'audace et la créativité de ce grand maître?