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26 mayo

acquisitions 2012

Acquisitions exceptionnelles

le musée du quai Branly a acquis en juin 2012 deux oeuvres majeures provenant des cultures Tsogho (Gabon) et Songye (République Démocratique du Congo), toutes deux présentées sur le plateau des collections permanentes

Canne Tsogho

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© musée du quai Branly, photos Claude Germain
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  • Gabon
  • population Tsogho
  • fin du 19e siècle - début du 20e siècle
  • bois
  • Hauteur : 120 cm
  • 70.2012.30.1
  • Collectée par Jean-Claude Andrault, Philippe Guimiot, ancienne collection Anne et Jacques Kerchache

Les cannes de ce type sont réservées aux membres de la confrérie initiatique des juges evovi. Ils l'utilisent pour les jugements, mais aussi comme bâton de marche. Elles sont également présentes à certains moments du bwiti prises en main par les danseurs masqués mighondji. D'après les spécialistes de cette région, aucune oeuvre de ce style, dans la typologie des cannes du Gabon, n'est connue ce qui renforce le caractère unique de cette oeuvre.

Cette canne figurait sur la couverture du catalogue "Picasso Afrique", exposition présentée au Centre Pompidou en 1995. Elle était mise en regard avec l'oeuvre de Picasso "La femme à la poussette" (1950), écho formel de cette canne, qui fut pourtant collectée treize ans plus tard.

Statue

© musée du quai Branly, photo Claude Germain
  • République Démocratique du Congo
  • population Songye
  • 1640-1690
  • bois, alliage cuivreux, matières organiques, fibres, cuir
  • Hauteur : 82 cm
  • 70.2012.29.1.1

Ce personnage figuré debout porte les mains sur les flancs. Son visage comporte des éléments de métal (alliage cuivreux) qui sont appliqués en bandes sur le nez et le front et en plaque triangulaire au dessus de l'arcade sourcilière. Une autre bande de métal est fixée sur la largeur du menton. Un double rang de lames métalliques est planté au sommet du front. Des percements ont été pratiqués, formant des cavités qui contiennent des éléments organiques et sont reliées par un réseau de galeries au niveau du sommet de la tête, de la bouche, des oreilles, de l'ombilic et d'un trou sous fessier. 

Les grandes sculptures de ce type sont rares et étaient destinées à protéger, guérir, apporter chance et fécondité à la communauté et cela sur plusieurs générations. Les figurines de petites taille assuraient les mêmes fonctions mais dans le cadre d'un usage personnel.

 

 

Au premier semestre 2012, le musée du quai Branly a acquis environ 600 oeuvres dont voici une sélection.

 

peau peinte Lakota

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© musée du quai Branly
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  • Etats-Unis, Dakota, population Lakota ou Sioux
  • 1840-1850
  • Peau de bison américain, piquants de porc-épic, pigments
  • 210 x 168 cm
  • 70.2012.10.1

Cette peau peinte Lakota des Plaines, datée des années 1840-50, est une oeuvre totalement inédite et d'une très grande rareté. Les peaux peintes antérieures à 1850 sont rarissimes et les quelques pièces de comparaison se trouvent toutes dans des musées depuis fort longtemps. Tout en répondant aux canons stylistiques de cette époque, l'iconographie de la peau est tout à originale dans son organisation avec vingt guerriers à cheval, munis d'armes traditionnelles mais aussi d'origine européenne. Une registre présente une parade guerrière, tandis qu'une scène relate un événement militaire avec notamment la représentation d'un village fortifié, surmonté de trois drapeaux américains.
Outre la valeur intrinsèque exceptionnelle de la peau elle-même, son acquisition vient renforcer la remarquable collection de peaux peintes d'Amérique du nord du musée du quai Branly, considérée par tous les spécialistes comme la plus importante au monde.

masque

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© musée du quai Branly
  • Chine, Yunnan, Kunming, population Yi (Nossou)
  • 19e siècle
  • cuir
  • 70.2012.9.1

Ce masque rituel était utilisé probablement lors de la fête des torches (fête agricole de renouveau annuel) chez les populations Yi.

Le musée du quai Branly ne conservait jusqu'ici aucun masque en cuir provenant de la population Yi maître dans le travail de ce matériau. Ce masque unique, aussi minimal dans sa réalisation que fort et expressif dans le rendu vient enrichir la collection de textiles et objets des Yi, héritée du Musée de l'Homme et complétée par l'acquisition d'une vingtaine d'objets et manuscrits depuis 2004.

Par certaines analogies avec une partie des masques originaires du Népal, très épurés, cette œuvre montre dles liens entre les populations au substrat animiste des contreforts de l’Himalaya.

 

 

panneau de revêtement qâdjâr

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© musée du quai Branly
  • Iran, période Qâdjâr (1783-1924)
  • 19e siècle
  • céramique, décor peint sous glaçure
  • 42 x 33 cm
  • 70.2012.1901

Ce panneau montre une scène du Shah Nameh, ou livre des rois de Ferdowsi. La scène relate le combat de Rustam et le Div blanc (démon maléfique), dernière des 7 épreuves que le héros doit accomplir non seulement pour délivrer le roi d’Iran Kay-Kaus, parti imprudemment attaquer le Royaume des démons, mais aussi s’emparer du sang du Div, seul remède pour guérir la cécité dont le démon a affligé le souverain.

La période qâdjâr marque un renouveau de la céramique iranienne : des bâtiments princiers mais aussi de riches demeures particulières sont abondamment ornés de carreaux de céramique composant parfois de véritables peintures murales. Ces carreaux sont essentiellement produits dans deux centres, Téhéran et Ispahan.

 

cuillères du Golfe de Papouasie

© musée du quai Branly
  • Papouasie-Nouvelle-Guinée, Golfe de Papouasie, delta Purari
  • début du 20e siècle
  • noix de coco, chaux
  • environ 13 cm de hauteur
  • 70.2012.12.1 à 4

D'usage alimentaire, ces cuillères étaient travaillées à l'aide d'un coquillage ou d'un éclat de pierre taillé obtenu par échange. Dans la région d'Orokolo, les cuillères faisaient partie du "trousseau" réuni pour une épouse lors de son mariage (associé aux filets à poissons, poteries et aux coupes en noix de coco). Elles intervenaient également dans les cérémonies Hevehe et Eharo, en lien avec les initiations. A cette occasion, les jeunes initiés recevaient de leur oncle maternel (aukau) une cuillère en noix de coco à laquelle étaient attachées des feuilles fraîches et des racines de gingembre (upi).

Le musée du quai Branly ne conservait aucune cuillère gravée du golfe de Papouasie. Ces quatre oeuvres, par leur ancienneté et la qualité de leur décor viennent enrichir un fonds qui comporte d'autres pièces de la région du delta purari (rhombes, ceintures) ou des objets magiques faits de jeunes noix de coco gravées (marupaï).

objet cultuel Boli

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© musée du quai Branly
  • Mali, population Bamana
  • Sang animal coagulé, bois, cire, terre, fibre végétale, matériaux organiques
  • H: 34  L: 36 P:17 cm
  • 70.2012.4.1
  • Don de Jean-Michel Huguenin en mémoire de Martine Aublet

Le boli permet de capter, accumuler et contrôler une énergie vitale, le nyama, sorte de force naturelle et spirituelle. Objet le plus sacré des populations Bamana (Mali), il est conservé dans un sanctuaire, à l’abri du regard des non-initiés.

 

Les boliw se caractérisent par une épaisse couche croûteuse, constituée de matières organiques qui recouvrent un objet qui à l’origine peut être un masque, une calebasse, un morceau de bois comme c’est le cas ici. Quel que soit l’objet initial, le mélange de matière organique qui le recouvre lui donne une forme difficilement identifiable.

robe du Pakistan

  • Pakistan, province Sind(en), Kohistan
  • première moitié du 20e siècle
  • coton, soie, boutons, métal, aluminium, alliage cuivreux et ferreux.
  • 70.2012.5.5
  • Don France Pauchard-Macé

Cette robe de femme, très imposante, présente un décor caractéristique des robes mille plis de la région nord du Pakistan avec de grands motifs circulaires, arbres de vie et cornes de boucs stylisés brodés en soie au passé plat.

Seules deux autres robes de même origine étaient jusque là conservées au musée du quai Branly. Cette pièce vient enrichir le fonds de textiles du continent indien, présenté pour partie sur le plateau des collections permanentes.

 

 

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© musée du quai Branly
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collection de porcelaines asiatiques d'importation

  • Philippines
  • porcelaine, grès
  • 70.2011.17.1 à 548 
  • Don anonyme

En juin 2012, le musée a reçu une donation de 548 porcelaines d'exportation venant de Chine, du Vietnâm et de Thaïlande. Ces céramiques étaient diffusées dans toute l’Asie du Sud-Est insulaire et les Philippines.

Pour les pièces chinoises, les dynasties Song (960-1279) et Yuan (1279-1368) sont bien représentées. Les bleus et blancs des dynasties Ming (1368-1644) sont moins fréquentes ce qui s'explique par les découvertes plus tardives des jonques naufragées en mer de Chine.

On trouve dans cet ensemble de petites jarres (ci-dessous à droite) qui étaient très appréciées des insulaires. Elles servaient à contenir de la saumure de poissons, des fards, des parfums gras à base d'un mélange de cire, de graisse et de jasmin, ou de l'huile de camphre et de musc. Ces petits récipients furent utilisés pour les rituels et l'officiant y plaçait des onguents magiques qui guérissaient les maux et chassaient les esprits malfaisants du corps. Aux Philippines par exemple, un grand nombre de ces pièces ont été trouvées près des urnes funéraires et des squelettes. 

 

 

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© musée du quai Branly
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robe d'Egypte

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© musée du quai Branly
  • Egypte, nord de la péninsule du Sinaï, tribu des Sawarka
  • première moitié du 20e siècle
  • Lustrine (étoffe de coton apprêtée et glacée) ou dubayt/tubayt, coton brodé
  • H: 136,5 cm
  • 70.2012.6.1

La robe, en lustrine noire (en arabe dubayt ou tubayt), est légèrement évasée à partir de la taille. Ses manches sont longues et étroites. La broderie, exécutée sur un canevas, est réalisée avec des fils de coton perlé DMC fabriqués en France et introduit au Proche-Orient au milieu des années 1930. Le plastron et les manches sont brodés de motifs floraux aux couleurs éclatantes : roses indien, bleu turquoise, orange et violet dont la mode a débuté en 1970. Ces motifs, non traditionnels, ont été copiés sur des cahiers de modèles européens. Dans le dos, le panneau carré en satin bleu qui prolonge le plastron, est brodé de cinq brins floraux. La jupe est ornée d’un décor tapissant à motifs floraux et géométriques. La couleur bleue, réservée aux jeunes filles, est considérée comme un symbole de virginité.

Ces robes étaient réservées aux  jeunes filles avant le mariage. Leur usage a disparu dès les années 1980. Le musée du quai Branly ne conservait aucune pièce similaire dans ses collections.

objets vaudou, Haïti

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paquet "congo" © musée du quai Branly
  • Haïti, Port-au-Prince
  • avant 1973
  • tissu, paillettes, crucifix et calebasse, perles, vertèbres de couleuvre, cordelettes, métal, bois
  • 70.2012.2.1 et 70.2012.2.2
  • don Hervé Télémaque

Objet vodou essentiel, le "paquet congo" incarne les esprits protecteurs de son possesseur. Tout sanctuaire possède des talismans de ce genre fabriqués en grand secret. Ce paquet "Carrefour" arbore une croix catholique signifiant en fait la croisée des chemins. Il s'agit d'une pièce placée sous l'influences des Guedés, génies de la mort.

L'asson, ou hochet rituel, sert à appeler les lwa, les esprits. La calebasse est recouverte d'un réseau de perles de porcelaine dont le nombre et la couleur varient selon les lwa "maîtres du houmfo" (temple). Des vertèbres de couleuvre alternent avec ces perles. Les asson sont généralement munis d'une clochette que le prêtre fait retentir durant la cérémonie. Avant d'être utilisés dans le culte, ces hochets doivent être consacrés par un baptême. La personne qui prend le grade de houngan ou de mambo est couchée avec son asson auprès d'elle.

Les collections rattachées au vodou d'Haïti restent très peu nombreuses au musée du quai Branly (moins d'une centaine de pièces) et parmi celles-ci seuls trois hochets sonnailles, ou asson, sont présents. 

La personnalité du donateur, le peintre haïtien Hervé Télémaque, et le fait que la pièce ait été achetée en 1973 au petit musée d'Ethnologie de Port-au-Prince renforcent l'intérêt de ce don.

 

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hochet rituel © musée du quai Branly

pilon Taïno

  • République Dominicaine, population Taïno
  • 13e – 15e siècles
  • pierre
  • 18 x 10 cm
  • 70.2012.1.1
  • Don Christine et Jacques Blazy

Ce pilon est orné d'un être anthropo-zoomorphe squelettique. La tête et le corps sont d'aspect humain tandis que les jambes démesurées et repliées pourraient appartenir à un batracien ou un être surnaturel. Il pourrait s'agir de la représentation d'un chamane taïno. La partie active du mortier est très usée et témoigne d'un fort usage.

Le caractère élaboré de la pièce avec la représentation vraisemblable d'un chamane fait penser que cet objet a pu servir dans un cadre rituel. Il pourrait avoir été utilisé dans le rituel taïno dit de la cohoba qui consiste en l'inhalation de substances hallucinogènes. Ce pilon aurait pu servir à broyer des graines de ce type de substance comme celles de l'arbuste Ptytadenia peregrina.

Le musée du quai Branly possède 11 pilons taïnos en pierre mais aucun de la nature de celui-ci.

 

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© musée du quai Branly
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