Notice 1 sur 6
Situé à l’ouest de Kaffrine, au centre ouest du Sénégal, le site de Soto se trouve dans l’extrême nord ouest de la zone mégalithique. Cette culture qui s’étant sur une superficie de 36 000 km2, répartis entre le Sénégal et la Gambie, couvre un cadre temporel considérable, du second siècle avant J.-C. au 16e siècle après J.-C. Environ 30 000 monolithes, dont certains aux formes particulièrement soignées, comme la pierre lyre de Soto, ont été taillées dans la cuirasse latéritique et transportées, parfois sur plusieurs kilomètres, pour marquer des sépultures dédiées aux ancêtres.
Les mégalithes de Sénégambie sont inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2006.
Notice 2 sur 6
Ce masque dogon sort avec une série d’autres masques, selon une chorégraphie et un ordre précis, lors de la levée de deuil, le Dama, qui se tient quelques années après les funérailles.
La société d'initiation masculine de l'Awa prend en charge les masques, de leur taille à leur sortie publique. La seule femme admise, dite Yasigine, est considérée comme la sœur aînée des masques. La statue féminine de ce masque représente la première femme consacrée comme Yasigine.
Ce masque a été collecté lors de la mission Dakar-Djibouti en 1931, mené par Marcel Griaule qui installa les bases de l’ethnologie française en pays dogon.
Notice 3 sur 6
Anonymes, les œuvres africaines sont associées à des peuples, des styles, des ateliers ou des mains d'artiste. Cette sculpture réalisée dans un seul bloc de bois présente des affinités avec la statuaire en terre cuite de Djenné par le traitement des scarifications du visage, des parures et des mains.
Le geste des bras levés rappelle celui des statues tellem, peuple établi avant les Dogon dans la falaise de Bandiagara. Cette œuvre est attribuée à leurs voisins Soninke, venus de Djenné, réfugiés dans la falaise lors du déclin de l'Empire de Ghana au 11e siècle.
La solennité de ce personnage au visage masculin et aux seins nourriciers évoque un être supérieur qui assure protection, nourriture et fécondité. Deux fidèles respectueux confirment sa domination.
Notice 4 sur 6
L’argile blanche, couleur associée à la mort, qui recouvre le masque okuyi indique que le masque sort au moment d’un deuil qui frappe la communauté. Figurant une jeune fille revenue du monde des défunts, le masque matérialise la présence du disparu qui peut devenir redoutable et qu’il convient d’apaiser. Il veille en fait à ce que l’ordre social soit rétabli après que la mort l’ait bouleversé. Monté sur des échasses, le masque sort le jour et domine la foule qui simule l’effroi : la frontière qui sépare le monde des vivants de celui des morts est ainsi renforcée
Notice 5 sur 6
Pour lutter contre la malveillance, guérir les maladies ou sceller un accord, les statuettes minkisi étaient indispensables. Le mélange de matières organiques placé dans une petite cavité au niveau du ventre et de la tête du personnage constituait l’élément magique qui rendait l’objet efficace. En enfonçant un clou ou une lame dans le bois, les ingrédients étaient activés et permettait de démasquer et punir les coupables et instigateurs de désordre. Protecteurs de la communauté, les minkisi étaient les garants de la sécurité, de la prospérité et de la fécondité.
Notice 6 sur 6
Extrait de « L'enlèvement des peintures d'Antonios » Marcel Griaule, 1934.
« J'entre. Plus émouvant que neuf fusils […] braqués, le peloton lumineux de neuf Pères de l'Église s'aligne devant moi. C'est brusque comme un coup de feu. J'ai chaud derrière les oreilles. […] Que faire ? Que peut-on faire devant cette éclatante apparition de nimbes frais comme des soleils dans une grange en ruines ? Je n'ai jamais vu pareille chose en Abyssinie. Quelle agréable angoisse ! J'avance. Odeur de cire et d'encens, légère. »