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25 April

Cycle 4: Repentistas, the Punto tradition of improvised, sung poetry

28 March – 1 April 2007

© Emmanuel Honorin

Cuba

Punto, improvised, sung poetry, is traditionally interpreted by ‘poetas’ or ‘repentistas’, and is practised in countries with Hispanophone and Lusophone cultures. This highly popular genre involves real verbal jousting, and comes in different forms depending on country. This event highlights Cuba, a country in which Punto has been developed and is practised by ‘cowboy poets’. Musical accompaniment is of major importance, resembling flamenco in its original form. The cycle revolves around the central figures of Raul Herrera and Luis Martins, ‘cowboys of poetry’, who abandoned the soil to devote themselves to the word.

5 concerts

Wednesday 28, Thursday 29, Friday 30, and Saturday 31 March 2007, at 8 p.m.
Sunday 1 April 2007, at 5 p.m

 

présentation

Il est encore des terres où l’on se bat pour le verbe. Le « Repentisme » et le genre musical qui le porte -le Punto- désignent, à Cuba, une variété de styles d’origines paysannes, hérités des poètes improvisateurs, des jongleurs et autres trouvères qui ont essaimé non seulement en Amérique latine, mais dans un vaste cercle de traditions de joutes oratoires qui va de la Sardaigne, au Portugal, à l’Espagne évidemment, mais aussi en Afghanistan (avec les Duns), en Afrique de l’ouest (les griots)… jusqu’à Madagascar.
A Cuba, la métrique poétique « la décima » et le goût de l’improvisation posent le cadre dans lequel toute une famille se reconnaît : les protagonistes appelés poetas ou repentistas, solistes ou en joute, mais aussi les chanteurs de guajira, les instrumentistes qui les accompagnent avec leurs cordes et leurs zapateos hérités d’Espagne, ou encore les sept et ruraux du centre de l’île.

Jeu de mots

Plus qu’un chant, le repentisme est une véritable transe verbale, une manière d’être dans le temps, une fermentation du verbe qui ressemble à une mastication sans fin souvent habitée de surnaturel, tombé là, par le miracle de l’imaginaire populaire.
Qu’elle se nomme tonada (mélodie) ou controverse (joute), le système d’improvisation s’ornemente toujours autour d’un cadre, d’une métrique précise : le dizain octosyllabique soit 10 vers de 8 pieds. De là, née la force ludique, festive et quasi spirituelle d’un genre à la fois poétique et musical. La plupart des énergumènes de cette confrérie plus ou moins formelle, sont agriculteurs, ou travaillent la canne. On ne vit pas aujourd’hui de la parole, on la tient, on est lié à sa survie ; Ce n’est pas un métier, c’est une vocation. Ces poetas ont une double vie, partagée entre la terre et une fonction sociale, médiatique, car ils sont de véritables stars et « montent » à la capitale le Dimanche, où ils sont invités aux émissions de TV populaires (une tres fameuse s’appelle « palma y cana »).

le verbe au fil de la culture du café

Depuis la fin du 18ème, la géographie du Punto suit celle du café et du tabac. D’abord enracinée dans les plantations artisanales de l’Ouest où domine l’immigration venue des Iles Canaries, elle va suivre l’expansion des récoltes vers le centre de l’île. C’est l’héritage direct des poésies savantes qui déjà vivaient en Espagne au XVe siècle, et sous forme populaire, plus tard en Andalousie. Ce Punto a pris du galon à l’arrivée de la radio à Cuba en 1922 (une des premières d’Amérique latine). Il a galvanisé les foules, était porteur d’espoir populaire. Il a fait l’histoire, à son époque, et les anciens racontent encore comment, dans un immense stade, le verbe a été pris par le peuple. On est en 1947, période pré-révolutionnaire. De grands catalyseurs et improvisateurs, comme El Indio Nabori, ont passé le relais de la parole des heures durant bravant nuits et fatigue. L’âge d’or du genre se situe dans les années 50 avec l’avènement de la télévision. Mais, lors des réunions familiales ou des guateques agricoles, la pratique de l’improvisation est toujours bien vivante.  Travailler sur le phénomène est évidemment rendre hommage au monde paysan, à ces libérateurs de la fin de 19eme, à ces Mambis qui improvisaient dans leur maquis, rêvant à un monde meilleur. C’est aussi rappeler d’une manière vivante que, c’est grâce à un niveau culturel populaire exceptionnel et l’absence d’analphabétisme jusque dans les campagnes les plus reculées, que ce pays a pu préserver cet art unique du verbe, de la poésie et de la fête, entièrement autonome du marché musical international.

Fédérateurs de la Casa de la Trova, Emmanuelle HONORIN et CYRIUS, retrouvent avec Repentistas ! les routes cubaines, dans une version éminemment plus virile.
Un voyage inédit entre musique, poesie et agriculture, avec (sous réserve de modifications) les poètes Raoul Herrera et Luis Martins, Alexis Pimienta Diaz et Emiliano Sardinas, Vitalia Figueroa, Barbarito Garcia, Maria la Fofa, et les musiciens, Marcelo Lamas (luth), Yersy Lamas (vent et percussions), Antonio Sosa Soto (guitare) ainsi que les frères Valera Miranda (tres, contrebasse et bongos).
A écouter :  Repentistas ! (accords croisés/harmonia Mundi)

La gymnastique syntaxique du punto est riche et donne lieu a de multiples jeux: l’improvisateur peut reprendre le dernier vers proposé par l’adversaire tout restant dans la même versification. Le premier peut interpréter le dizain entier, et son adversaire improviser sur l’idée contraire. Sur un vers donné, l’adversaire créait les suivants. Un vers imposé peut se retrouver en fin de poésie après une déambulation plus ou moins longue, on croise les vers, on en inverse les termes etc... D’un point de vue musical, de nombreux styles de punto varient en fonction des régions : la seguidilla, venant du flamenco andalou, le punto libre où l’instrument est en contre-chant, suivant les imprévus mélodiques. Le punto figé selon une métrique constante, où le punto croisé avec ces syncopes.

ECOUTER

mercredi 28 mars 2007
Ouverture du cycle Repentistas
Ecoutez la conférence (Durée : 40mn)

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