infos pratiques
date:
horaires: 18h00
lieu: salles de cours
tarifs: activite gratuite dans la limite des places disponibles
agenda
conférences de la société savante des Africanistes
Michèle Cros : visibilité du Net et secret initiatique

- jeudi 24 janvier
- 18h
- ateliers 2 & 3
- entrée libre et gratuite
G. Balandier dans son ouvrage : Carnaval des apparences ou Nouveaux commencements évoque une « façon de parlerie universelle » avec, à l’ère du Net, des « mots qui courent d’ici à là » devenus « disponibles à tout moment, dès leur entrée dans le réseau qui les transporte » (Balandier 2012). Une façon d’imagerie universelle accompagne, complète, légende, travestit ou trahit cette course des mots.
Le pays lobi burkinabè est aujourd’hui fort visible sur le Net. La récente inscription des ruines de Loropéni (autrefois dénommées ruines du Lobi) au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco renforce cette visibilité médiatique avec la mise en place d’éthérées balades touristiques à pieds ou en pirogue le long du fleuve Mouhoun (Royer 2012). Le rappel symbolique de cette traversée épique constitue un élément clé de la transmission initiatique qui s’opère tous les 7 ans dans cette région d’Afrique où l’animisme perdure. Une sorte de patrimonialisation de cet espace de mémoire encore très vivant semble s’esquisser. Reste à savoir ce qui peut alors s’échanger entre les guides et les touristes, puisque tout ce qui touche de loin ou de près à l’initiation chez les Lobi demeure frappé du sceau du secret. Rêverie ou parlerie, comment raconter, témoigner de l’interdit en un tel lieu ? Que penser de cette « mise en visibilité en régime médiatique » (Heinich 2012) qui questionne notre éthique d’anthropologue ?
Christophe Vallée : les rituels d’initiation dans l’Islam Chirazien de l’archipel des Comores

- jeudi 28 février
- 18h
- ateliers 2 & 3
- entrée libre et gratuite
L’islam des Comores est un islam qui a intégré de nombreux éléments venant des traditions arabes pré islamiques et des traditions de l’Afrique de l’Est. Il y a ainsi un système de rituels qui reposent sur la pluralité d’interprétation d’un Dieu unique, Allahu, le dieu de l’islam et Mungu, le dieu de l’Afrique australe. Les rituels permettent ainsi des interactions entre le dedans et le dehors, l’anonyme et l’identifiable qui font le lien entre le monde visible et le monde invisible.
La force de l’islam comorien est qu’il s’est superposé aux croyances africaines en les intégrant, notamment par l’introduction de confréries (twarika) qui permettent à chaque moment de la vie quotidienne de faire la jonction entre le merveilleux et le profane.
Nathalie Carrée : De la côte aux confins : regards de voyageurs swahili sur le monde
- jeudi 25 avril
- 18h
- ateliers 2 & 3
- entrée libre et gratuite
En 1901, Carl Velten publiait en Allemagne les Safari za Wasuaheli : recueil de récits de voyage collectés en swahili auprès d’informateurs de la côte. Ceux-ci avaient participé à diverses caravanes et expéditions les ayant mené aussi bien de la côte est-africaine aux grands Lacs qu’en Europe et jusqu’aux étendues glacées de la Sibérie.
Initiés par la colonisation allemande, cependant ancrée dans une tradition culturelle profonde, ces témoignages donnent à lire une époque passionnante de rencontre entre trois mondes : l’Afrique, le monde arabo-swahili et le monde européen. Ils offrent également une alternative intéressante aux récits d’explorations européens dont ils constituent parfois les pendants.
La conférence sera l’occasion de présenter au public ces récits méconnus tout en s’intéressant à la figure particulière de ces « compagnons obscurs » : caravaniers, interprètes, auxiliaires de la colonisation et à la place complexe que leurs textes occupent dans la tradition littéraire swahili.
- jeudi 23 mai
programmation en cours
Jean-Pierre Chretien : En finir avec le Ruanda-Urundi
- jeudi 13 juin
- 18h
- ateliers 2 & 3
- entrée libre et gratuite
Pendant une quarantaine d’années, le Rwanda et le Burundi ont été réunis en un Territoire sous mandat belge, dénommé « Ruanda-Urundi ». Les deux anciens royaumes ont repris leur indépendance en 1962. Mais le regroupement administratif s’est accompagné d’une volonté d’intégration politique, sociale et culturelle du colonisateur qui a marqué aussi les élites instruites des deux pays. Cet amalgame, associé à une vision raciale des deux sociétés, a consisté essentiellement à faire du Burundi un « autre Rwanda ». Il a laissé des traces durables, sur place et dans le regard étranger, qui occultent la profondeur des différences entre les deux pays. Il a aussi marqué l’actualité brûlante des dernières années. L’historiographie permet de déconstruire ce modèle devenu idéologique.
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