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20 October

cycle cinéma indien : un autre cinéma... d'autres maîtres

du jeudi 15 au vendredi 30 avril 2010

16 séances en accès libre

salle de cinéma du musée

En lien avec les manifestations organisées par le musée autour de l’Inde (exposition Autres Maîtres de l’Inde, concerts et spectacles, visites et ateliers), une quinzaine de séances réunissent quelques classiques du cinéma indien, depuis les grands auteurs des années 50 jusqu’aux nouvelles générations de cinéastes.

en savoir plus sur l'exposition Autres Maîtres de l'Inde

Le musée vous propose de découvrir ou redécouvrir, pendant 15 jours, certaines des réalisations de Satyajit Ray et des grands auteurs des années 50, Guru Dutt, Ritwick Ghatak, jusqu’aux productions contemporaines encore peu diffusées. Deux films inédits en France seront ainsi proposés (sous-titrés en anglais) : Rudaali, de Kalpana Lajmi (1993), et Jogwa de Rajiv Patil (2009).

Cette sélection est traversée par des thématiques récurrentes du cinéma indien : la vie villageoise (Pather Panchali), l’exode rural (toute la trilogie d’Apu), et de manière générale la confrontation entre une Inde rurale et la vie des grandes cités, Calcutta en particulier. Le thème de l’exil et du déracinement (Etoile cachée, Subarnerekha…) qui traversent toute la cinématographie de l’Inde depuis les années 50 jusqu’à aujourd’hui sont également un des fils conducteurs de cette sélection.

jeudi 15 avril 2010 18h30

Pather Panchali de Satyajit Ray © Films sans Frontières

La complainte du sentier (Pather Panchali) de Satyajit Ray

  • 1955, 2h, NB, vo bengali stf

Avec Kuna Bannerjee, Runki Bannerjee, Subir Bannerjee, Karuna Bannerjee, UmaDasGupta, Chunubala Devi

Dans une famille brahmane pauvre d’un petit village du Bengale naît Apu. Son père ne parvient pas à nourrir sa famille. A travers le quotidien du petit garçon, Satyajit Ray dépeint avec pudeur la vie difficile dans le Bengale rural des années 20. Les scènes de joie et de tendresse ne cachent pourtant pas les difficultés et les tragédies qui ponctuent l’enfance d’Apu.

Révélation du festival de Cannes 1956, ce chef-d’œuvre humaniste fit découvrir aux occidentaux le premier film d’un auteur majeur et désormais incontournable : Satyajit Ray. L'histoire d'Apu, qui commence avec Pather Panchali, se poursuit dans L'Invaincu, puis dans Le Monde d'Apu, qui forment ensemble la Trilogie d’Apu.

vendredi 16 avril 2010 18h30

L'Invaincu de Satyajit Ray © Films sans Frontières

L’Invaincu (Aparajito) de Satyajit Ray

  • 1956, 1h53, NB, vo bengali stf

Avec Kanu Banerjee, Karuna Banerjee, Pinaki Sen Gupta

Second volet de la Trilogie d’Apu, Lion d’Or à Venise en 1957.
La famille d’Apu, qui a maintenant dix ans, s’est installée à Bénarès. Mais bientôt son père meurt. Apu et sa mère partent chez un oncle à la campagne. Apu, devenu grand, décide de partir étudier à Calcutta et réussit à convaincre sa mère de le laisser partir…

Mort du père, exil, séparation, intensité de la relation d’Apu avec sa mère, Satyajit Ray filme avec une douceur infinie et une émotion discrètement sublimée, les épreuves que traversent ses héros. Un film qui le placera dans la lignée des cinéastes humanistes comme Renoir dans il a été l’assistant sur le tournage du Fleuve.

samedi 17 avril 2010 15h

L'assoiffé de Guru Dutt © Films sans Frontières
Le monde d'Apu de Satyajit Ray © Films sans Frontières

L’assoiffé (Pyaasa) de Guru Dutt

  • 1957, 2h26, NB, vo hindi stf

Avec Guru Dutt, Waheeda Rehman, Mala Sinha, Johnny Walker

Tombée sous le charme de la beauté des œuvres du poète Vijay, Gulab, une prostituée, parvient grâce à ses connaissances à les faire éditer. Le succès est alors immédiat. Mais Vijay s'étant fait passer pour mort, doit affronter un entourage corrompu qui refuse de le reconnaître.

Né en 1925 à Bangalore, Guru Dutt est considéré comme l'un des plus grands cinéastes indiens des années 50, malgré une carrière courte (9 films en 10 ans). Il laisse derrière une œuvre lyrique, caractérisée en particulier par la réalisation inégalée des chansons filmées.

samedi 17 avril 2010 18h30

Le monde d’Apu (Apur Sansar) de Satyajit Ray

  • 1958, 1h53, NB, vo bengali stf

Avec Soumitra Chatterjee, Sharmila Tagore, Swpan Mukerjee, Alok Chakravarty

À Calcutta, dans les années trente, Apu cherche du travail et écrit un roman. Il épouse Aparna, à la place de son fiancé devenu fou, et la ramène à Calcutta. Ils mènent ensemble une vie heureuse mais Aparna meurt en mettant leur fils, Kajal, au monde. Apu retourne à Calcutta, laissant son fils dans le village de sa femme…

Ce dernier volet de la Trilogie d’Apu est un chef-d’œuvre de modernisme, l’illustration parfaite et intemporelle de la vie d’un jeune couple, et de l’accomplissement d’un homme adulte qui, après avoir rejeté son fils, devient père.

dimanche 18 avril 2010 15h

Etoile cachée de Ritwick Ghatak © Films sans Frontières

Des jours et des nuits dans la forêt (Aranyer din ratri) de Satyajit Ray

  • 1969, 1h55, vo bengali stf

Avec Sumitra Chatterjee, Sharmila Tagore, Subhendu Chatterjee, Robi Gosh, Samit Bhanja, Simi Garewal, Pahari Sanyal, Kaberi Bose, Aparna Sen

Quatre amis de Calcutta abandonnent la ville et ses soucis pour des vacances dans la forêt de Palaman. Ils s’installent dans un bungalow où ils décident de s’amuser sans se soucier des conséquences de leurs actes. A travers des rencontres inattendues, jeux de société et de séduction, ils apprendront à mieux se connaître…

Avec humour et gravité, Satyajit Ray enregistre les réactions de ces quatre amis de la bourgeoisie de Calcutta au contact de la nature et des ruraux.

dimanche 18 avril 2010 17h

Etoile cachée (Meghe Dhaka Tara) de Ritwick Ghatak

  • 1960, 2h, NB, vo bengali stf

En raison de l'annulation de cette séance dimanche 18 avril pour des raisons techniques, la projection d'Etoile cachée est reprogrammée vendredi 23 avril à 15h.

Dans le Calcutta des années 1950, après l'indépendance et la partition et sous l'effet des famines désastreuses de la décennie précédente, l’histoire d’une famille réfugiée qui tente de survivre. Nita, la fille aînée, assume la lutte quotidienne pour la survie de tous. Mais bientôt la tuberculose se déclare et la tient à l’écart…

Né en 1925, Ritwick Ghatak, contemporain de Satyajit Ray et de Mrinal Sen, est issu du Bengale oriental et ne sera connu que tardivement par le public occidental. Réfugié avec sa famille après la partition, cet exil forcé le marque à vie et imprègne toute son œuvre.

mercredi 21 avril 2010 15h

Subarnarekha de Ritwick Gathak © Films sans Frontières

Subarnarekha de Ritwick Ghatak

  • 1962, 2h12, vo bengali stf

Avec Madhavi Mukherjee, Satindra Bhattacharya, Abhi Bhattacharya

Subarnarekha est l'histoire tragique d'un jeune couple qui quitte son village pour s'installer à Calcutta où sa misère est encore accentuée par la naissance d'un enfant. Lorsque le mari, victime d'un lynchage, meurt, la jeune femme doit se livrer à la prostitution pour survivre. Mais elle se retrouve un jour face à son propre frère, venu en client, et folle d'humiliation, se suicide. L'oncle emmène avec lui le petit enfant…

Dans ce film qui est son œuvre majeure, Ghatak poursuit le thème qui l'a hanté toute sa vie, celui du déracinement et des réfugiés de la partition.

jeudi 22 avril 2010 18h30

Jogwa de Rajiv Patil

The Awakening (Jogwa) de Rajiv Patil

  • 2009, 1h30, couleur, version marathi sous-titrée anglais, inédit en France

Avec Mukta Barve, Upendra Limaye, Vinay Apte

Suli, jeune fille insouciante et heureuse, est réduite à une vie de servitude dédiée à la déité locale par sa communauté, rurale et archaïque. Elle rencontre Tayappa, dans la même situation qu’elle. Ces deux âmes blessées cherchent ensemble la consolation et le réconfort et rêvent d’une vie heureuse. Mais ils doivent affronter la colère d'une communauté qui désapprouve violemment leur union.

Ce film qui a remporté le prix du meilleur film sur la question sociale en Inde en 2009, expose l’hypocrisie et l’exploitation d'une société opprimée, torturée par des traditions archaïques et tourmentée par des superstitions au cœur de l'Inde rurale. Jogwa est un conte intense où une femme, pour trouver le vrai bonheur, aspire à rompre les chaînes de la discrimination, de l'oppression sexuelle et de la servitude.

vendredi 23 avril 2010 15h

Etoile cachée © Films sans Frontières

Etoile cachée (Meghe Dhaka Tara) de Ritwick Ghatak

  • 1960, 2h, NB, vo bengali stf

En raison de l'annulation de cette séance dimanche 18 avril pour des raisons techniques, la projection d'Etoile cachée est reprogrammée vendredi 23 avril à 15h.

Dans le Calcutta des années 1950, après l'indépendance et la partition et sous l'effet des famines désastreuses de la décennie précédente, l’histoire d’une famille réfugiée qui tente de survivre. Nita, la fille aînée, assume la lutte quotidienne pour la survie de tous. Mais bientôt la tuberculose se déclare et la tient à l’écart…

Né en 1925, Ritwick Ghatak, contemporain de Satyajit Ray et de Mrinal Sen, est issu du Bengale oriental et ne sera connu que tardivement par le public occidental. Réfugié avec sa famille après la partition, cet exil forcé le marque à vie et imprègne toute son œuvre.

vendredi 23 avril 2010 18h30

Rudaali de Kalpana Lajmi

  • 1993, 2h08, couleur, version sous-titrée anglais, inédit en France

Avec Dimple Kapadia, Raakhee Gulzar, Amjad Khan

Le film se passe dans un petit village du Rajasthan. La vie de Shanichari est marquée par la mauvaise fortune : abandonnée par sa mère peu de temps après la mort de son père, elle épouse un alcoolique, qui la quitte, et reste seul avec son fils handicapé mental. Malgré ses malheurs, Shanichari n'a jamais pleuré. Bhikni entre alors dans sa vie et lui propose de devenir une Rudaali (une pleureuse professionnelle, qui accepte de l’argent contre des pleurs et lamentations). Mais les yeux de Shanichari sont toujours secs, jusqu’au jour où…

Dimple Kapadia a remporté le prix de la meilleure actrice en Inde pour le rôle de Shanichari. La réalisatrice de Rudaali, Kalpana Lajmi, née en 1954, travaille pour le cinéma indépendant indien et est considérée comme une réalisatrice féministe.

samedi 24 avril 2010 15h

Fleurs de papier de Guru Dutt © Films sans Frontières

Fleurs de papier (Kaagaz ke Phool) de Guru Dutt

  • 1959, 2h28, NB, vostf

Avec Guru Dutt, Waheeda Rehman, Baby Naaz

Un vieux cinéaste déchu se remémore sa carrière, brillante, et les échecs de sa vie privée.
Film quasi autobiographique de Guru Dutt, Fleurs de Papier est aussi le premier film indien en cinémascope. Ambitieux et mélancolique, il évoque la fin de l'âge d'or du cinéma indien. Film-miroir sur la chute d'un réalisateur à succès qui perd tout en tombant amoureux de son actrice principale, ce film sera un échec commercial qui affectera profondément Guru Dutt et marquera la fin de la carrière en tant que réalisateur.

samedi 24 avril 2010 18h30

Des jours et des nuits dans la forêt (Aranyer din ratri) de Satyajit Ray

  • 1969, 1h55, vo bengali stf

Avec Sumitra Chatterjee, Sharmila Tagore, Subhendu Chatterjee, Robi Gosh, Samit Bhanja, Simi Garewal, Pahari Sanyal, Kaberi Bose, Aparna Sen

Quatre amis de Calcutta abandonnent la ville et ses soucis pour des vacances dans la forêt de Palaman. Ils s’installent dans un bungalow où ils décident de s’amuser sans se soucier des conséquences de leurs actes. A travers des rencontres inattendues, jeux de société et de séduction, ils apprendront à mieux se connaître…

Avec humour et gravité, Satyajit Ray enregistre les réactions de ces quatre amis de la bourgeoisie de Calcutta au contact de la nature et des ruraux.

dimanche 25 avril 2010 15h

Piravi de Shaji Karun © Films du Paradoxe
Le serviteur de Kali d’Adoor Gopalakrishnan © Films du Paradoxe

La naissance (Piravi) de Shaji Karun

  • 1989, 1h50, couleur, vo malayalam stf

Avec Premji, Archana, C.V. Sreeraman

Chakyar, brahmane d’un village du Kerala, attend son fils à l’arrêt de bus, en vain. Raghu est parti à Trivandrum faire des études d’ingénieur. Chaque jour, Chakyar se rend à l’embarcadère pour attendre de ses nouvelles. Sa fille, institutrice au village, apprend auprès d’un ami de Raghu que celui-ci a été arrêté lors d’une manifestation interdite. Le vieil homme se rend à la capitale...

Né en 1952 au Kerala, Shaji Karun a signé la photographie d’une majorité des films du réalisateur kéralais légendaire Govindan Aravindan, ouvrant de nouvelles perspectives au cinéma indien. Après son travail à l’image, il se tourne vers la réalisation avec plusieurs courts métrages puis de Piravi qui obtient un immense succès critique, avec une Mention spéciale pour la Caméra d’Or à Cannes en 1989 et le Léopard d’argent à Locarno.

dimanche 25 avril 2010 17h

Le serviteur de Kali (Nizhalkkuthu) d’Adoor Gopalakrishnan

  • 2002, 1h32, couleur, vo malayalam stf

Avec Oduvil Unnikrishnan, Sukamari, Thara Kalyan, Reeja, Sivakumar

Dans l’Inde des années 40, à la veille de l’Indépendance, la principauté de Travancore (aujourd’hui au Kerala) a son bourreau professionnel. Installé à l’extérieur d’un village, sans contact avec la société, il bénéficie pourtant de quelques privilèges : un lopin de terre, une pension annuelle et une compensation financière après chaque exécution. Malgré tout, rien ne peut le soustraire à la culpabilité qui le hante.

Né en 1941 au Kerala, Adoor Gopalakrishnan est l’un des grands maîtres du cinéma indien indépendant d’aujourd’hui. Nourri durant toute son enfance par le Kuttiyattam et le Kathakali, formes théâtrales traditionnelles et ancestrales du Kerala, il a écrit et réalisé de nombreux courts métrages, documentaires et fictions. Il a reçu le titre Padmashri pour sa contribution au cinéma indien. Le serviteur de Kali a reçu la Caméra d’or au festival de Cannes en 2002.

mercredi 28 avril 2010 15h

Le petit peintre du Rajasthan © Eurozoom

Le petit peintre du Rajasthan (Darpan ke Peechhe) de Rajkumar Bhan

  • 2005, 1h28, couleur, vostf, séance Jeune public

Avec Sulabha Deshpande, Omkar Lele, Nandu Madhav, Seetharam Panchal

Anirudh est un jeune garçon de onze ans, que son père et sa mère, débordés, placent chez la grand-mère paternelle à Shekhawati au Rajasthan, alors qu’ils résident à Poona, à 130 km au sud de Bombay. Anirudh découvre tout un monde qu’il ne connaît pas et renoue le lien avec ses ancêtres, notamment à travers la peinture et les Havelis, ces immenses demeures décorées de fresques.

Le film met en regard deux Indes, celle qui connaît une croissance économique forte et un développement urbain considérable (Bombay et Poona, réputées pour être des havres de tolérance), et lune autre Inde, rurale et traditionnelle, représentée à l’écran par la région du Rajasthan. Ce film a obtenu le Prix du public au Festival d'Amiens en 2005.

jeudi 29 avril 2010 18h30

Black de Sanjay Leela Bhansali © Bodega Films

Black de Sanjay Leela Bhansali

  • 2006, 2h02, couleur, vostf

Avec Amitabh Bachchan, Ayesha Kapoor, Rani Mukherji, Shernaz Patel, Dhritiman Chaterjee

Michelle McNally naît dans une famille anglo-indienne. A dix-huit mois, une maladie la laisse aveugle, sourde et muette. Cette petite fille, intelligente et débrouillarde, grandit prisonnière d'elle-même, murée dans son silence, adoptant un comportement violent. Jusqu'au jour où, l'année de ses huit ans, surgit un précepteur un peu particulier, Debraj Sahai (Amitabh Bachchan), qui, lui, se bat contre le démon de l'alcool.

Inspiré de l'histoire d'Helen Keller, ce film qui traite du monde du silence, de l'obscurité et de l'incommunicabilité est une réalisation très ambitieuse de Sanjay Leela Bhansali, réalisateur du mondialement célèbre Devdas, qui, avec ce film sans chanson ni chorégraphie, se place à l’écart du cinéma bollywoodien.

vendredi 30 avril 2010 18h30

Jogwa de Rajiv Patil

The Awakening (Jogwa) de Rajiv Patil

  • 2009, 1h30, couleur, version marathi sous-titrée anglais, inédit en France

Avec Mukta Barve, Upendra Limaye, Vinay Apte

Suli, jeune fille insouciante et heureuse, est réduite à une vie de servitude dédiée à la déité locale par sa communauté, rurale et archaïque. Elle rencontre Tayappa, dans la même situation qu’elle. Ces deux âmes blessées cherchent ensemble la consolation et le réconfort et rêvent d’une vie heureuse. Mais ils doivent affronter la colère d'une communauté qui désapprouve violemment leur union.

Ce film qui a remporté le prix du meilleur film sur la question sociale en Inde en 2009, expose l’hypocrisie et l’exploitation d'une société opprimée, torturée par des traditions archaïques et tourmentée par des superstitions au cœur de l'Inde rurale. Jogwa est un conte intense où une femme, pour trouver le vrai bonheur, aspire à rompre les chaînes de la discrimination, de l'oppression sexuelle et de la servitude.