Ateliers Varan

Le musée du quai Branly propose chaque trimestre une soirée de projection des Ateliers Varan, centre de formation à la réalisation documentaire. Dans la lignée du cinéma direct de Rouch, Leacock, Perrault et Wiseman, les Ateliers Varan forment de jeunes cinéastes de terrain : ils leur apprennent à filmer les réalités quotidiennes et à exprimer en images ce qui fait une identité culturelle.

salle de cinéma

accès libre dans la limite des places disponibles

4 séances de projection entre octobre 2011 et juin 2012

  • vendredi 14 octobre 2011, 18h30 : Atelier Cambodge
  • vendredi 24 février 2012, 18h30 : Atelier Vietnam
  • vendredi 6 avril 2012, 18h30 : Atelier Egypte
  • vendredi 29 juin 2012, 18h30 : Atelier Afghanistan (attention, changement de date pour cet atelier, initialement prévu le 25 mai)

Atelier Varan Afghanistan

Check Point, de Hamed Alizadeh © Ateliers Varan
Check Point, de Hamed Alizadeh © Ateliers Varan
Kaboul Ambulance, de Taj Mohammad Bakhtari © Ateliers Varan
Kaboul Ambulance, de Taj Mohammad Bakhtari © Ateliers Varan
Dusty night, de Ali Hazara © Ateliers Varan
Dusty night, de Ali Hazara © Ateliers Varan
Petite Afghanistan, de Basir Seerat © Ateliers Varan
Petite Afghanistan, de Basir Seerat © Ateliers Varan

vendredi 29 juin 2012 à 18h30

Depuis 2006 et sous l’impulsion de Séverin Blanchet, l’atelier Varan de Kaboul a formé plus d’une vingtaine de jeunes cinéastes afghans aboutissant à la réalisation et à la production de 33 films documentaires. L’émergence d’un groupe de réalisateurs afghans s’est ainsi confirmée. Les films, par leur approche nouvelle, sont des documents précieux sur les réalités quotidiennes et enrichissent notre regard sur ce pays.

Les films présentés ce soir ont été réalisés en 2010-2011, en partenariat avec l’Ambassade de France en Afghanistan, le Ministère des Affaires étrangères, ARTE International, la Fondation de France, le Goethe Institut, le CNC, le Ministère de la Culture et de la Communication et le Théâtre du Soleil. Trois appartiennent à la série Les Rues de Kaboul coproduite avec la Huit Production et Pages et Images. Le quatrième Dusty Night a été récompensé au festival du Cinéma du Réel 2012.
Les projections seront suivies d’un débat avec Ali Hazara, réalisateur, Marie-Claude Treilhou et Aurèlie Ricard, coordinatrices de l’atelier Afghan.

Check point, de Hamed Alizadeh

À un des nombreux check-points de la ville, les policiers font leurs rondes, exposés à tous les dangers, loin de leurs familles, abrités dans des containers où ils partagent leurs maigres repas et tentent de dormir quelques heures.

Kaboul Ambulance, de Taj Mohammad Bakhtari

Une société d'ambulance et ses inlassables héros qui travaillent jour et nuit pour transporter les malades dans les rues chaotiques de Kaboul. Une équipe composée d'un chauffeur et d’un médecin. Ce dernier ayant perdu un enfant dans un attentat, se bat chaque jour pour sauver d’autres vies.

Dusty Night (Nuit de poussière), de Ali Hazara

Dans les phares des voitures ou à la lueur d'une station service, les balayeurs de nuit de Kaboul déplacent une lourde poussière le long d'une avenue, métier sisyphéen qui en dit long sur l'état du pays.
(Prix du Court Métrage et Mention du Prix Louis Marcorelles - Cinéma du Réel 2012)

Petite Afghanistan, de Basir Seerat

Une longue rue d'un quartier populaire, où les anciennes calèches, qui font taxis, côtoient une circulation automobile intense. Des conflits incessants opposent les deux mondes, le moderne et l'ancien. Les cochers tentent de résister aux désirs pressants d'aménagements des riverains, modernisation qui les verrait disparaître.

Ateliers Varan Egypte

Les 4 saisons de Noha El Madaawy © Ateliers Varan
Les 4 saisons de Noha El Madaawy © Ateliers Varan
Avant-après de Soha El Naccache  © Ateliers Varan
Avant-après de Soha El Naccache © Ateliers Varan
Karim d'Omar Al Shamy © Ateliers Varan
Karim d'Omar Al Shamy © Ateliers Varan
Sous le fer d'Agathe Dirani © Ateliers Varan
Sous le fer d'Agathe Dirani © Ateliers Varan
04/02/2011 de Mahmoud Farag © Ateliers Varan
04/02/2011 de Mahmoud Farag © Ateliers Varan

vendredi 6 avril 2012 à 18h30

En février 2011, le Centre Culturel Français du Caire demande aux Ateliers Varan d’animer une semaine d’écriture, avec tournage, au Caire dans une association de cinéastes indépendants SEMAT.

Conscients de ce moment historique, ARTE, CFI et VARAN, s’associent et répondent en proposant un stage de 3 semaines. Plus de trente candidats envoient un dossier. Leurs projets de films sont plus des exposés d’idées générales écrits par des débutants que des films en gestation. Il faut donc, du 5 au 23 juin 2011, initier 9 stagiaires, et réaliser de brefs travaux documentaires.

Faire un stage si court était un pari. Le CCFC, ARTE et CFI l’ont tenu. Nous avons trouvé en SEMAT un acteur essentiel pour le développement du cinéma indépendant en Egypte.

La compétence, la gentillesse, la débrouillardise de tous, nous ont sorti de situations difficiles. Et l’aventure continue cette année.

 

Les projections seront suivies d’un débat avec Mahmoud Farag, réalisateur, et Jean-Noël Cristiani, coordinateur de l'atelier en Egypte.

Les 4 saisons, de Noha ELMADAAWY

Un présent qui fait ressurgir le passé. Un album de photos familiales, des peurs d'enfant, une révolution.

Liberté suspendue, de May EL HOSSAMY

Elle travaille comme femme de ménage dans l'immense métropole du Caire où la lutte pour les transports l'épuise autant que son travail.

Avant-après, de Soha El NACCACHE

Journaliste et présentatrice de télévision pendant 20 ans dans la télévision d'état, Soha décide de quitter la scène pendant les premiers jours de la révolution, protestant contre les "mensonges". C'est la révolution de Soha.

Karim, d’Omar Al SHAMY 

Il mange, chante et gare les voitures. La journée d'un jeune garçon, Karim, et son ami Nadar.

Sous le fer, d’Agathe DIRANI

Mina, 13 ans, traverse la ville pour rejoindre son univers quotidien. Apprenti sur un chantier, il s'échappe parfois de l'armature en fer qu'il construit.

04/02/2011, de Mahmoud FARAG

Les coups sur la porte ne révélaient pas qui se cachait derrière. J'aurais souhaité être mort, mourir entre leurs mains, avant que la peur n'ait raison de moi.

Ateliers Varan Vietnam

La natte de Madame Bua, de Duong Mong Thu © Ateliers Varan
La natte de Madame Bua, de Duong Mong Thu © Ateliers Varan
Le musée de Tien, de Hoang Tung © Ateliers Varan
Le musée de Tien, de Hoang Tung © Ateliers Varan
La clinique du docteur Thi, de Nguyen Minh Ky © Ateliers Varan
La clinique du docteur Thi, de Nguyen Minh Ky © Ateliers Varan

vendredi 24 février 2012, à 18h30

Les Ateliers Varan Vietnam ont été créés en 2004 en partenariat avec le Studio du cinéma documentaire et scientifique de Hanoï. Des stages ont eu lieu à Hanoï et Saïgon et, depuis 2010, à Da Nang. Le deuxième stage organisé à Da Nang en 2011 a accueilli six jeunes journalistes de la télévision publique et de la presse écrite.

Pour donner une cohérence au travail de l’atelier, le groupe a décidé de travailler autour d’un thème commun : le 17ème parallèle, qui était la ligne de démarcation entre nord et sud pendant la guerre, et sur lequel Da Nang est située.

C’est la première fois qu’un atelier se confronte à l’histoire du passé. Auparavant, dans les différents ateliers organisés depuis 2004, les cinéastes avaient surtout filmé les préoccupations et réalités sociales contemporaines à travers des personnages de leur génération. Les cinéastes de Da Nang sont tous nés après la guerre. Ils ont hérité cette histoire qui a fortement conditionné la vie de la société vietnamienne. Ils sont allés à la rencontre des survivants, ont filmé ces héros ordinaires et résistants, enregistré leur mémoire et souvenirs du quotidien en temps de guerre.

Les projections seront présentées et suivies d’un débat animé par Christine Seghezzi, réalisatrice, en présence de Duong Mong Thu, réalisatrice, de Hoang Tung, réalisateur, et d’André Van In, coordinateur de l'atelier.

La natte de Madame Bua, de DUONG MONG Thu

Mme Bua souffre d’épilepsie depuis qu’elle a été torturée pendant la guerre. Quand elle sent venir une crise, elle déroule sa natte devant sa maison et s’allonge dessus. Les voisins prennent alors soin d’elle. Le soir, ils se réunissent tous pour boire le thé, chanter des chants de lutte et raconter des histoires qui appartiennent aujourd’hui à la mémoire collective. La guerre reste présente au cœur de la vie quotidienne de cette petite communauté villageoise.

Le musée de Tien, de HOANG Tung

Tien est un jeune historien et travaille pour le Musée de la guerre de Da Nang. Il mène des recherches dans la région auprès des survivants, paysans, résistants, et rassemble les histoires, photos, archives, objets qui témoignent de leur vie quotidienne pendant cette période. Tien découvre la réalité de cette page d'histoire. Son travail, manifeste contre la guerre et plaidoyer pour la paix, contribue à préserver la mémoire.

La clinique du docteur Thi, de NGUYEN MINH Ky

Les villageois aiment venir voir le Docteur Thi parce qu’ils ont confiance en lui. La plupart de ses patients ont au-delà de 70 ans. La guerre est désormais lointaine mais les séquelles sont toujours présentes. « Parler aide à soulager la douleur », dit le Docteur Thi. La caméra ne quitte jamais l’espace de la clinique et filme les patients comme des personnages d’un théâtre antique.

Ateliers Varan Cambodge

Moi une fille comme des autres, de Savannah Chheng © Ateliers Varan
Moi une fille comme des autres, de Savannah Chheng © Ateliers Varan
Ary est partie à la ville de Dy Sethy © Ateliers Varan
Ary est partie à la ville de Dy Sethy © Ateliers Varan
Thnoat chroum de Roeun Narith © Ateliers Varan
Thnoat chroum de Roeun Narith © Ateliers Varan
J'ai quitté la guerre de Prôm Mesar © Ateliers Varan
J'ai quitté la guerre de Prôm Mesar © Ateliers Varan

vendredi 14 octobre 2011 à 18h30

Cet atelier Cambodge a été mis en place fin 1994, dans un pays encore marqué par des années de guerre et d’oppression. A l’initiative du cinéaste cambodgien Rithy Panh, il a regroupé des stagiaires venant d'horizons différents comme le théâtre et le cinéma.

Ce qui a été particulièrement émouvant c'est la confrontation des réalisateurs avec leurs propres rushes, comme si le fait de se retrouver face aux paroles de leurs personnages leur faisait prendre conscience de l'importance de témoigner. Par ailleurs, les tournages ont posés différentes questions éthiques aux réalisateurs : devaient-ils intervenir eux-mêmes dans la vie de ceux qu'ils avaient choisis de filmer ? Rithy Panh et Léonardo di Costanzo ont cherché avant tout à les aider à garder la bonne distance avec leurs sujets et leurs personnages, malgré l’envie des réalisateurs de crier les traumatismes et les blessures du pays.

Après l'atelier, Rithy Panh a continué à s'occuper des stagiaires : certains ont pu filmer pour des ONG, d'autres ont participé aux différents tournages du réalisateur.

Moi une fille comme les autres, de Savannah Cheng

(29 min, 1994-95)

Une femme, rentrée d’un camp de réfugiés en Thaïlande, vit avec ses quatre enfants sous un arbre au milieu de Phnom Penh.

Un portrait tendre et une violente dénonciation des conditions réservées à beaucoup de réfugiés de retour dans leur pays.

Ary est partie à la ville, de Dy Sethy

(20 min, 1994-95)

Ary habitait la campagne. Quelques jours avant son mariage avec un policier, elle le quitte pour Phnom Penh. Là, elle sort avec des étrangers et gagne bien sa vie. Elle devient Taxi Girl.

Thnoat chroum, de Roeun Narith

(23 min, 1994-95)

Une veuve de guerre vit avec ses trois enfants dans une cabane, dans la banlieue de Phnom Penh. Elle subsiste en revendant au marché des légumes qu’elle achète à ses voisins. Pendant le tournage elle tombe malade. Elle n’a pas d’argent pour se soigner.

J’ai quitté la guerre, de Prôm Mesar

(26 min, 1994-95)

Un ex-soldat de l'armée cambodgienne a déserté en 1991. Il vit avec sa femme et ses enfants dans un village aux environs de Phnom Penh. Il déclare : « chez nous, c'est simple : les fils de pauvres partent à la guerre, les fils de riches vont à la ville pour les fils de riches vont à la ville pour y faire des études".