Cultes du Vaudou et objets du Bénin
Dès leur arrivée en Amérique, les esclaves africains étaient baptisés et convertis au catholicisme. Pourtant, bon nombre d’entre eux gardaient secrètement leurs croyances en des divinités tutélaires et des rites magiques.
Véritables subterfuges à l’oppression, les chants et les danses permettaient aux esclaves d’exprimer un langage codé inaccessible aux Européens et de renouer avec leurs sources et leurs traditions.
Parallèlement à ces chants de travail, le culte du vaudou, originaire de l’ancien royaume du Dahomey, s'est introduit dans les îles des Caraïbes, principalement à Haïti.
Le vaudou manifeste la force active des esprits, les loas, mis au service des hommes pour exercer tantôt le bien, tantôt le mal.
L’un des plus importants de ces esprits se nomme Legba. Gardien de l’ordre, il est l’intercesseur et le messager entre le monde d’ici-bas et le dieu créateur de l’univers. Il pouvait revêtir différentes formes, des plus réalistes aux plus abstraites.
La pratique du vaudou étant interdite dans les colonies, les cérémonies se déroulaient à l’abri des regards et correspondaient à une forme de protestation face à la prise de conscience d’une situation intolérable.
Le marronnage fut aussi l’une des expressions les plus manifestes de cette révolte.
Influencé par l’imagerie chrétienne, le vaudou, expression par excellence du métissage, donnera lieu, au fil du temps, à divers syncrétismes religieux.
Les bocio, poteaux protecteurs anthropomorphes installés à l’entrée des cases dans les villages fon, comme les récades ou objets de cour du Bénin, renvoient également, par des associations de symboles explicites comme les liens ou les entraves, à la mémoire de l’esclavage.
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