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15 September

acquisition d'une sculpture Dogon grâce au soutien de la société des Amis

statue féminine Dogon, Mali, musée du quai Branly - Click to enlarge, open in a new window
statue féminine Dogon, Mali
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70.2013.25.1
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© musée du quai Branly, photo Claude Germain

Cette grande sculpture dogon est entrée dans les collections du musée du quai Branly grâce aux fonds récoltés lors du dîner de gala au profit des collections, organisé par la société des Amis en septembre 2013.

  • Statue féminine de style Tomo-Ka
  • Population Dogon
  • Mali, plaine du Seno
  • avant 1931
  • Anciennes collections : Sidney Burney, Londres, avant 1931 ; Michael Sadler, Oxford, avant 1935 ; Jacob Epstein, Londres, avant 1951 ; Carlo Monzino, Lugano.

Cette grande statue debout a participé notamment à la mythique exposition "African Negro Art" qui s'est tenue au MoMA à New-York en 1935 ou encore à l'exposition "Primitivism in the 20th century art" en 1984. Elle a également figuré, au début des années 1950, dans le célèbre film interdit d'Alain Resnais et Chris Marker "Les statues meurent aussi".

Cette oeuvre a suscité l'admiration de sculpteurs de renom, tels Henry Moore ou Jacob Epstein, ce qui lui confère aujourd'hui une dimension particulière dans l'histoire de la reconnaissance des arts africains par l'Occident tout au long du 20e siècle.

D'après Hélène Leloup qui publia cette sculpture dans son ouvrage de référence sur les Dogons (1994), elle se rattache au style intermédiaire Tomo-Ka, très influencé par le voisinage Bamana. Elle partage avec la statuaire Bamana une morphologie qui traite les différentes parties du corps à partir de volumes géométriques, en particulier la forme conique des seins qui souligne la fertilité féminine, les longs bras minces marqués par un pli au coude, les épaules arrondies.

La position des mains, la tête en obus marquée par la longue arête nasale, les parures confirment son origine Dogon, non pas dans la célèbre falaise de Bandiagara mais dans la plaine limitrophe avec le Burkina-Faso, entre groupes Bamana à l'ouest et Mossi à l'est.

Si l'on ne connaît pas l'usage précis de cette sculpture, on sait que les statues Dogons semblent représenter des personnes précises dont le rang et la fonction sont exprimés par des détails. Elles sont investies de pouvoirs variés dans le cadre familial, social et politique.