Sculpture dogon
Transmise depuis plusieurs générations, cette sculpture était probablement détenue par un chef spirituel, assurant dans son sanctuaire une fonction de représentation ancestrale. Comme d'autres figures dogon anthropomorphes, elle était ainsi probablement l'image d'un ancêtre fondateur.
Quelques statuettes présentent des styles comparables provenant probablement du même atelier qui pourrait être nommé (en reprenant une expression employée par Hélène Leloup) l'atelier du "maître des yeux obliques".
Fréquente dans l'art dogon, l'attitude du personnage (mains dirigées vers le bas, l'extrémité des doigts touchant les cuisses) est liée à la prière. Avec les bracelets, cette position des bras et des mains peut être rapprochée de celle de certaines réalisations en terre cuite du delta intérieur du Niger. Il en va de même pour la partie tombante du pagne visible entre les jambes.
Cette œuvre fut conçue par une personnalité artistique hors du commun, dans une période très riche de l'art dogon. Son style s'inscrit dans un continuum artistique bien plus vaste et témoigne de l'extrême inventivité de leurs auteurs, de la fécondité des cultures dans lesquelles ils évoluaient.

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